Prise d'otages à Condé-sur-Sarthe : ce que l'on sait sur le détenu qui a retenu deux surveillants

Le preneur d\'otages Francis Dorffer devant la cour d\'assises de Versailles, le 27 mai 2014.
Le preneur d'otages Francis Dorffer devant la cour d'assises de Versailles, le 27 mai 2014. (MAXPPP)

Mardi soir, Francis Dorffer s'est rendu après avoir pris en otages deux surveillants.

Il est surnommé le "champion de la prise d'otages carcérale". Un détenu, Francis Dorffer, a retenu de force deux agents pénitentiaires mardi 11 juin au soir dans le centre ultrasécurisé de Condé-Sur-Sarthe (Orne). L'homme s'est rendu peu après minuit et les deux surveillants sont "sains et saufs", a précisé la Direction de l'administration pénitentiaire (DAP). Franceinfo revient sur le profil de ce détenu.

Il est incarcéré depuis ses 16 ans

Le preneur d'otages s'appelle Francis Dorffer. Agé de 35 ans, il est originaire de Moselle, comme le précise Le Républicain lorrain (article payant). Incarcéré depuis l'âge de 16 ans dans une vingtaine de prisons différentes, il a été condamné à plusieurs reprises, notamment pour viol, vol avec violence, meurtre d’un codétenu, ainsi que pour des séquestrations de personnel en prison. Il est "classé DPS" (détenus particulièrement signalés), précise à franceinfo Joaquim Pueyo, député de l'Orne et ancien directeur de prison. Ce statut est notamment lié "au comportement particulièrement violent en détention de certains détenus", détaille le Conseil d'Etat.

Il est coutumier des prises d'otages

Francis Dorffer est aux yeux du personnel de l'administration pénitentiaire le "champion de la prise d'otages carcérale". Son nom est en effet associé à au moins cinq autres prises d'otages. En 2006, il avait retenu une psychiatre à la prison de Nancy, en 2009 un surveillant à Clairvaux (Aube), en 2010 un psychiatre à la Santé (Paris) et en 2011 un gardien à Poissy (Yvelines). En avril 2018, il a été condamné à Colmar à 12 ans de prison pour avoir pris en otage un surveillant et tenté de s'évader de la maison centrale d'Ensisheim (Haut-Rhin), en juin 2017.

Francis Dorffer est "un détenu qu'on surveillait un peu plus que les autres parce qu'il a un potentiel de dangerosité très élevé", a ajouté Emmanuel Guimaraes, délégué national FO pénitentiaire.

Il est décrit comme dangereux

"Ce détenu, je l'ai connu", raconte Joaquim Pueyo. "De mémoire, c'etait un détenu particulièrement instable. Il pouvait être violent. Il l'a démontré au cours de son histoire pénitentiaire", ajoute le député. Ce dernier parle d'un profil psychologique "très lourd" et "dangereux""Il peut rester pendant des mois sans présenter de difficultés et passer à l'acte avec une idée en tête."

D'après plusieurs sources syndicales jointes par franceinfo, il ne s'agit pas de terrorisme. Le détenu agirait pour demander un transfert, afin d'être plus proche de sa famille. "Depuis quelques semaines, on savait que le détenu était très tendu. La prise d'otages ne nous surprend pas", lâche Frédéric Eko, représentant du Syndicat national de l’ensemble des personnels de l’administration pénitentiaire (SNEPAP).

"Il est frustré à chaque réponse négative" de transfert, poursuit le syndicaliste. "Il menace et promet des prises d'otages. Dernièrement, il expliquait aux autres détenus comment faire des prises d'otages. On signale à chaque fois ces faits et gestes. La direction est au courant de cette situation."

Francis Dorffer "mérite l'isolement à 100%. Il n'est pas compatible avec une détention ordinaire", insiste Frédéric Eko. Le détenu est à Condé-sur-Sarthe depuis "plus d'un an et demi". A son arrivée, il "était très violent et dangereux et a été placé aussitôt en isolement et en gestion spécifique. Aujourd'hui, on se demande comment ce détenu, connu du ministère de la Justice comme dangereux, avec un casier très détaillé, s'est retrouvé en gestion ordinaire."

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