En garde à vue, Naoufal Ibn Ziaten, l'un des fils de Latifa Ibn Ziaten, a reconnu avoir inventé son agression

Naoufal Ibn Ziaten, frère du premier militaire tué par Mohamed Merah, ci-contre le 16 octobre 2017.
Naoufal Ibn Ziaten, frère du premier militaire tué par Mohamed Merah, ci-contre le 16 octobre 2017. (OLIVIER LEJEUNE / MAXPPP)

Naoufal Ibn Ziaten affirmait avoir été violemment frappé par plusieurs hommes, jeudi près de Rouen, et faisait le lien avec l'affaire Merah.

Naoufal Ibn Ziaten, l'un des fils de Latifa Ibn Ziaten, mère de la première victime du jihadiste Mohammed Merah en 2012, a été placé en garde à vue pour "dénonciation mensongère de crime ou délit", a appris franceinfo samedi 13 juillet auprès du procureur de la République de Rouen, confirmant une information du Parisien. Son frère adoptif de 23 ans a également été placé en garde à vue.

Ils ont reconnu avoir inventé leur agression pour masquer une très violente altercation entre eux, selon les informations de France Bleu Haute-Normandie. Ils seront convoqués prochainement devant le procureur de la République de Rouen pour être jugés, selon la procédure du "plaider coupable", a indiqué le procureur de la République de Rouen.

Naoufil Ibn Ziaten, 30 ans, avait affirmé vendredi qu'il avait été victime d'une agression, jeudi soir, alors qu'il rentrait chez lui à Darnétal (Seine-Maritime). Son avocat avait annoncé son intention de porter plainte. Une enquête avait été ouverte et confiée à la police judiciaire de Rouen.

Il faisait le lien avec l'affaire Merah

Naoufal Ibn Ziaten avait expliqué avoir été agressé avec son frère adoptif, présent à ce moment-là, par trois hommes barbus vers 20h, alors qu'une femme voilée attendait dans la voiture des agresseurs. "Il a été violemment frappé par au moins trois hommes, ils lui ont mis des coups de poings et lui ont projeté la tête contre les murs. Ces hommes l'ont certainement suivi", avait alors affirmé maître Méhana Mouhou, l'avocat de la famille, à France Bleu Normandie. Le fils de Latifa Ibn Ziaten faisait même le lien avec les tags insultants découverts sur la maison de sa mère un mois plus tôt. "Pour [lui], il y a un lien avec l'affaire Merah", assurait alors à France Bleu Normandie maître Mouhou.

Cependant, selon une source proche du dossier, les versions des deux hommes ne sont pas concordantes avec les déclarations des voisins et pas plausibles. Les enquêteurs de la police judiciaire de Rouen ont auditionné les voisins de Naoufal Ibn Ziaten. Ils ont évoqué une dispute et des cris mais ont dit n'avoir vu que deux personnes sur les lieux de l'agression présumée. L'analyse des images de vidéosurveillance n'a pas permis de repérer les potentiels agresseurs des deux hommes. Après une deuxième audition vendredi 12 juillet au soir, les deux hommes ont donc été placés en garde à vue.

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