Sarkozy veut que DSK "épargne aux Français" ses "commentaires"

Dominique Strauss-Kahn au forum économique de Pékin, le 19 décembre 2011. 
Dominique Strauss-Kahn au forum économique de Pékin, le 19 décembre 2011.  (ED JONES / AFP)

A huit jours du premier tour, l'affaire du Sofitel s'est invitée dans la campagne et pourrait embarrasser aussi bien la droite que la gauche. 

Des adversaires de Dominique Strauss-Kahn "liés à Nicolas Sarkozy" ont-il orchestré la chute de l'ancien directeur du FMI pour le disqualifier à un an de la présidentielle ? La théorie du journaliste américain Edward Epstein, développée samedi 28 avril dans une interview publiée par Libération ainsi que dans son livre sur l'affaire à paraître lundi, a donné lieu à une nouvelle passe d'armes entre socialistes et soutiens de Nicolas Sarkozy. 

"Expliquez-vous avec la justice", demande Sarkozy

"Trop, c'est trop !", s'est exclamé Nicolas Sarkozy lors d'une réunion publique à Clermont-Ferrand. "Je dis à monsieur Strauss-Kahn : expliquez-vous avec la justice et épargnez aux français vos commentaires", a lancé le président candidat. Ce dernier réfute fermement les accusations portées par DSK dans un entretien publié vendredi dans le quotidien britannique The Guardian. 

L'entourage du président de la République, lui, a répondu par l'ironie. "Vraiment, ils sont forts, les hommes de Nicolas Sarkozy!", a déclaré la porte-parole du candidat UMP, Nathalie Kosciusko-Morizet. "Depuis vingt ans, ils ont réussi à inciter M. Strauss-Kahn à la débauche avec le succès qu'on a vu, et (...) aussi, ils ont contraint François Hollande à ne pas dénoncer ces agissements", a-t-elle ironisé, précisant que le candidat socialiste, autrefois secrétaire national du parti, "était forcément au courant" des agissements de Dominique Strauss-Kahn.

François Hollande "vient de se trouver un nouveau témoin de moralité en la personne de Dominique Strauss-Kahn, a-t-elle raillé. 

"Une exploitation outrancière" de l'affaire, dénonce l'équipe Hollande 

Côté socialiste, François Hollande a estimé que le camp de Nicolas Sarkozy utilisait l'affaire DSK à des fins politiques. Cette affaire "fait l'objet d'une exploitation outrancière de la part des équipes de Nicolas Sarkozy, qui perdent à mesure que le scrutin approche leur sang-froid et leurs nerfs", a répondu le candidat socialiste.

La procédure pénale a été abandonnée le 23 août à New York, le procureur ayant des doutes sur la crédibilité de la plaignante, Nafissatou Diallo. Un juge new-yorkais doit se prononcer mardi sur la poursuite ou non d'une procédure civile engagée par la jeune femme pour obtenir des dommages et intérêts.

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