Les grandes manoeuvres autour de la succession de DSK ont déjà commencé au FMI

Dominique Strauss-Kahn au FMI à Washington le 16 avril 2011
Dominique Strauss-Kahn au FMI à Washington le 16 avril 2011 (AFP - Nicholas KAMM)

Depuis l'inculpation du directeur général du FMI, qui clame son innocence, c'est son premier adjoint, l'Américain John Lipsky, qui assure l'intérim. Et il ne souhaite pas aller au-delà de la fin de son mandat en août.Les Européens, dont la chancelière allemande, ont commencé à défendre dès lundi une candidature européenne pour succéder à DSK.

Depuis l'inculpation du directeur général du FMI, qui clame son innocence, c'est son premier adjoint, l'Américain John Lipsky, qui assure l'intérim. Et il ne souhaite pas aller au-delà de la fin de son mandat en août.

Les Européens, dont la chancelière allemande, ont commencé à défendre dès lundi une candidature européenne pour succéder à DSK.

Le FMI a toutefois annoncé lundi qu'il n'avait pris aucune décision et qu'il allait, pour l'instant, "continuer à suivre les événements".

Le Fonds a indiqué que les 24 représentants de pays et groupes de pays qui composent l'instance avaient été informés de la situation lors d'une "réunion informelle". "Le Conseil d'administration a été tenu au courant des poursuites pénales qui ont été engagées contre le directeur général à l'occasion d'une visite d'ordre privé à New York", a rapporté Caroline Atkinson, sa directrice des Relations extérieures.

Le FMI est dans une situation inédite et complètement imprévue: son numéro un est sous les verrous et s'expose à une procédure disciplinaire mais il est présumé innocent.

L'Europe défend une candidature européenne
Quand M. Strauss-Kahn avait été présenté comme candidat en 2007, le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, l'avait présenté comme le dernier directeur général qu'imposerait l'Europe avant de passer la main.

Mais la situation a beaucoup changé. Alors qu'il était impensable à l'époque que le FMI doive intervenir en Europe de l'Ouest, il est à présent en première ligne pour financer trois pays de la zone euro incapables de le faire sur les marchés de la dette: la Grèce, l'Irlande et le Portugal.

Dominique Strauss-Kahn a joué un rôle personnel clé pour faire avancer les programmes d'aide dans la zone euro, et était considéré comme un allié d'Athènes dans les tractations en cours pour un nouveau coup de pouce financier.

En pleine crise de l'euro, l'identité de son successeur pourrait s'avérer cruciale, et certains pays ont déjà ouvert le débat en plaidant pour que le siège, convoité par les pays émergents, reste occupé par un Européen.

Le ministre belge des Finances, Didier Reynders, a ainsi jugé "préférable que l'Europe continue à occuper ce poste", tandis que la chancelière allemande, Angela Merkel, a évoqué "de bonnes raisons pour dire que l'Europe a de bons candidats".

Lagarde est le nom qui revient le plus souvent
Les spéculations allaient bon train lundi autour du nom qui pourrait émerger chez les Européens. Celui de la ministre française de l'Economie Christine Lagarde, déjà évoqué par les médias depuis quelques semaines, tient la corde.

Du côté des pays asiatiques, aucun candidat ne se dégage et la candidature de Mme Lagarde semble plutôt vue d'un bon oeil.

L'Europe a le poste depuis 1946
Le poste de directeur général du FMI est détenu par le Vieux Continent depuis 1946. Les Français l'ont occupé pendant 34 ans au total, soit plus de la moitié du temps.

Quant au poste de numéro deux, il est réservé depuis 1946 à un Américain, qui est choisi par Washington.

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