La journaliste Tristane Banon, qui a affirmé avoir été agressée sexuellement par DSK en 2002, ne le poursuit pas

La journaliste romancière Tristane Banon
La journaliste romancière Tristane Banon (AFP - Daniel JANIN)

Pour justifier que Tristane Banon renonce à porter plainte, son avocat, Me Koubbi a affirmé qu'elle ne voulait pas être "instrumentalisée par la justice américaine" qui pourrait demander des actes d'enquête en France autour de la personnalité de DSK ou demander à la journaliste de témoigner.

Pour justifier que Tristane Banon renonce à porter plainte, son avocat, Me Koubbi a affirmé qu'elle ne voulait pas être "instrumentalisée par la justice américaine" qui pourrait demander des actes d'enquête en France autour de la personnalité de DSK ou demander à la journaliste de témoigner.

Cette affaire, déjà évoquée en 2007, a ressurgi avec l'arrestation samedi à New York de DSK, accusé de tentative de viol et d'agression sexuelle par une employée d'hôtel.

"Il est absolument hors de question qu'un mouvement de notre part ait pour conséquence une condamnation de Dominique Strauss-Kahn aux Etats-Unis", a ajouté l'avocat de Melle Banon à BFMTV. "En aucun cas, ni Tristane Banon ni moi-même ne souhaitons être instrumentalisés par la justice américaine ou prêter quelque concours que ce soit afin que ces deux dossiers soient liés d'une manière ou d'une autre", a-t-il ajouté.
"Il ne s'agit pas de participer à une condamnation médiatique de Dominique Strauss-Kahn", s'est-il défendu.

Pour porter plainte aujourd'hui pour des faits remontant à 2002, il aurait fallu que Tristane Banon fût en mesure de prouver qu'elle a été victime d'un viol ou d'une tentative de viol, des crimes prescrits au bout de 10 ans et passibles de 15 ans de réclusion. Aucune poursuite ne pouvait être engagée pour un autre type d'agression sexuelle, constituant un délit passible de 5 ans de prison, mais prescrit au bout de trois ans.

Tristane Banon avait raconté en février 2007 à la télévision avoir été agressée sexuellement par M. Strauss-Kahn cinq ans plus tôt. Le nom de l'ex-patron du FMI avait toutefois été masqué par un "bip" lors de la diffusion de l'émission animée par Thierry Ardisson.

Elle racontait avoir rencontré DSK dans le cadre de la préparation d'un livre. "Il a dégrafé mon soutien-gorge, il a essayé d'ouvrir mon jean", affirmait Tristane Banon. "Quand on se battait, je lui avais dit le mot viol pour lui faire peur, ça ne lui a pas fait peur plus que ça", selon la journaliste, qui affirmait avoir reculé au moment de porter plainte car elle ne voulait rester comme "la fille qui a eu un problème avec un homme politique".

Dans une interview d'octobre 2008 diffusée mercredi par le site AgoraVox, Tristane Banon avait déclaré avoir renoncé à une plainte car "ça posait des problèmes à (sa) mère".

Conseillère régionale PS de Haute-Normandie, sa mère Anne Mansouret, a affirmé jeudi à l'AFP que des personnalités "au plus haut niveau" du Parti socialiste "étaient au courant" de l'agression dont sa fille accuse DSK, joutant être convaincue que François Hollande et Laurent Fabius étaient au courant même si elle n'a pas évoqué directement l'affaire avec eux.

François Hollande a dit vendredi n'avoir "jamais eu connaissance des faits de la gravité qui ont été évoqués", Laurent Fabius déclarant: "Je n'ai absolument aucun souvenir de cela".