Edward Epstein accuse "les services français" d'avoir surveillé DSK

Dominique Strauss-Kahn arrive à l\'aéroport de Paris-Orly, le 28 septembre 2011.
Dominique Strauss-Kahn arrive à l'aéroport de Paris-Orly, le 28 septembre 2011. (GONZALO FUENTES / REUTERS)

Dans une interview à Libération, le journaliste d'investigation revient sur la théorie d'une exploitation politique de l'affaire du Sofitel pour faire plonger DSK. 

Dominique Strauss-Kahn était-il surveillé par les services français plusieurs semaines avant que n'éclate l'affaire du Sofitel ?  C'est en tout cas la théorie du journaliste américain Edward Epstein, développée samedi 28 avril dans une interview publiée par Libération ainsi que dans son livre sur l'affaire à paraître lundi.

DSK, "sous surveillance" des "services secrets"

Il persiste et signe. "Dominique Strauss-Kahn était déjà sous surveillance depuis plusieurs semaines et était devenu la principale cible des services français en février ou en mars 2011, assure Edward Epstein. Ils surveillaient ses faits et gestes, ils savaient ce qui lui est arrivé au Sofitel parce qu'ils avaient forcément quelqu'un de l'hôtel qui les informait", affirme le journaliste  d'investigation. Dans Libération, il reconnait néanmoins qu'il n'a "pas de preuve formelle" que DSK était surveillé.

Vendredi, la publication dans le quotidien britannique The Guardian d'un entretien entre le journaliste américain et l'ancien patron du FMI a relancé la théorie d'une entreprise politique menée par des adversaires "liées à Nicolas Sarkozy" et destinée a faire échouer les ambitions présidentielles du socialiste.

Strauss-Kahn lui a confié que les évènements "ont été orchestrés de façon à entraver ses ambitions présidentielles", rapporte le journaliste dans The Guardian"Peut-être ai-je été politiquement naïf. Mais je ne pensais pas qu'ils étaient capables d'aller aussi loin",confie le socialiste, sans préciser qui est visé par ses accusations. 

Des accusations "grotesques" pour les sarkozystes

"C'est un gag", ironise l'entourage du président de la République, rapporte Le Parisien. Nadine Morano, interrogée par le quotidien, a jugé "grotesque" cette accusation.  "Il s'est déjà ridiculisé aux yeux du monde entier. Nous sommes pour rien dans ce qui lui est arrivé", a poursuivi la ministre de la Formation professionnelle. "A sa place, je ferai profil bas."

"Vraiment, ils sont forts, les hommes de Nicolas Sarkozy!", a renchéri, ironique, la porte-parole du candidat UMP, Nathalie Kosciusko-Morizet. "Depuis vingt ans, ils ont réussi à inciter M. Strauss-Kahn à la débauche avec le succès qu'on a vu, et (...) aussi, ils ont contraint François Hollande à ne pas dénoncer ces agissements", a-t-elle ironisé, estimant que ces déclarations de l'ancien directeur du FMI étaient récupérées par le candidat socialiste dans ce contexte d'entre-deux-tours. François Hollande  "vient de se trouver un nouveau témoin de moralité en la personne de Dominique Strauss-Kahn, a-t-elle raillé.

Une théorie déjà développée par Epstein fin 2011

Dans un article publié le 26 novembre 2011 dans la New York Review of Booksle journaliste avait développé une théorie controversée selon laquelle DSK avait été victime d'un piège. Pour ce faire, il avait mené sa propre enquête, étayée par son interprétation de preuves, telles que les images de vidéosurveillance de l'hôtel et notamment la "danse de la victoire", réalisée par deux employés. 

Epstein affirme que l'un des protagonistes est vu, grâce à la videosurveillance, en train d'observer DSK "quand il arrive le 13 mai" au Sofitel, "le suit encore quand il monte dans sa chambre", est "de nouveau là, à chaque instant" quand l'ex-patron du FMI quitte l'hôtel le lendemain, puis "retourne dans la chambre 2806" après les révélations de Nafissatou Diallo. "Tout cela est bien étrange", conclut Edward Epstein.

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