Le traitement infligé à Julian Assange en prison met sa vie "en danger", dénonce le rapporteur de l'ONU sur la torture

Une photo, publiée le 9 juin 2019, de Julian Assange dans la prison de Belmarsh, à Londres.
Une photo, publiée le 9 juin 2019, de Julian Assange dans la prison de Belmarsh, à Londres. (RUPTLY / AFP)

Le représentant des Nations unies, Nils Melzer, avait rendu visite en mai au fondateur australien de WikiLeaks dans sa prison londonienne.

Le traitement infligé à Julian Assange, accusé d'espionnage par Washington et menacé d'extradition vers les Etats-Unis, met sa vie "en danger", a estimé le rapporteur de l'ONU sur la torture, vendredi 1er novembre, dans un communiqué.

Le représentant des Nations unies, Nils Melzer, avait rendu visite en mai au fondateur australien de WikiLeaks dans la prison londonienne où il est incarcéré. Il exprime désormais son "inquiétude face à la détérioration continue de la santé de Julian Assange depuis son arrestation et sa détention au début de cette année".

Emprisonné après sept ans passés dans une ambassade

Le fondateur de WikiLeaks a été arrêté à Londres en avril dernier. Poursuivi en Suède pour viol, il s'était réfugié depuis 2012 à l'ambassade d'Equateur à Londres pour éviter d'être extradé. Il a passé sept ans dans la représentation diplomatique, avant d'en être délogé par la police britannique le 11 avril, avec l'autorisation de Quito.

Il avait été immédiatement placé en détention puis condamné à une peine de 50 semaines de prison, le 1er mai, pour violation des conditions de sa liberté provisoire. Face aux caméras postées devant l'ambassade, il était apparu très amaigri avec une longue barbe. 

La question de l'extradition vers les Etats-Unis

Surtout, c'est la question d'une éventuelle extradition vers les Etats-Unis qui inquiète l'Australien de 48 ans. Accusé d'espionnage, il encourt une peine pouvant aller jusqu'à 175 ans d'emprisonnement. Washington lui reproche notamment d'avoir mis en danger certaines de ses sources lors de la publication en 2010 par WikiLeaks de 250 000 câbles diplomatiques et d'environ 500 000 documents confidentiels portant sur les activités de l'armée américaine en Irak et en Afghanistan.

L'audience pour étudier cette demande aura lieu fin février 2020 au Royaume-Uni. Les autorités britanniques ont assuré que Julian Assange ne sera pas extradé vers un pays où il encourt la peine de mort. De son côté, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a assuré que le fondateur de WikiLeaks "va être extradé vers les Etats-Unis". 

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