La défense de Julian Assange dénonce le traitement en prison du fondateur de WikiLeaks

Des soutiens de Julian Assange manifestent devant le tribunal de Woolwich où est examinée la demande d\'extradition formulée par les Etats-Unis, lundi 24 février 2020.
Des soutiens de Julian Assange manifestent devant le tribunal de Woolwich où est examinée la demande d'extradition formulée par les Etats-Unis, lundi 24 février 2020. (DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP)

La justice britannique examine la demande d'extradition déposée par les Etats-Unis. L'avocat du fondateur de WikiLeaks estime que le traitement infligé à son client pourrait "affecter" la procédure.

La défense du fondateur de WikiLeaks se plaint du traitement infligé à Julian Assange, mardi 25 février, au deuxième jour de l'examen de la demande d'extradition formulée par les Etats-Unis. Dix ans après la diffusion par WikilLeaks de plus de 700 000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américains, la justice britannique a commencé lundi à examiner la demande de remise d'Assange aux autorités judiciaires américaines. L'Australien de 48 ans est poursuivi pour espionnage et piratage informatique. Il risque 175 ans de prison.

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"Hier, Julian Assange a été menotté onze fois, mis à nu deux fois" à la prison de Belmarsh où il est détenu et a été "placé dans cinq cellules différentes", a déclaré mardi à la reprise de l'audience son avocat Edward Fitzgerald. Dans son box, Julian Assange a semblé impassible. Un tel traitement pourrait "affecter cette procédure", a mis en garde l'avocat devant la cour de Woolwich, qui jouxte la prison, demandant à la juge Vanessa Baraitser de donner instruction aux autorités pénitentiaires d'assouplir les mesures autour d'Assange.

Son état de santé inquiète

La magistrate a rétorqué que ses pouvoirs à cet égard sont "limités", et qu'elle ne peut pas ordonner aux autorités carcérales comment traiter les détenus, ajoutant qu'elle attend que Julian Assange soit traité de manière juste, comme n'importe qui d'autre. L'avocat du gouvernement américain a apporté son soutien aux observations de la défense, soulignant qu'il ne voulait pas que le traitement de Julian Assange ne "compromette" la procédure.

Le père de Julian Assange, John Shipton, lors de l\'ouverture du procès de son fils, lundi 24 février 2020 devant le tribunal de Woolwich (Royaume-Uni). 
Le père de Julian Assange, John Shipton, lors de l'ouverture du procès de son fils, lundi 24 février 2020 devant le tribunal de Woolwich (Royaume-Uni).  (DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP)

Pour statuer sur la demande d'extradition, dont l'examen se tient cette semaine puis trois semaines à partir du 18 mai, la justice britannique doit s'assurer qu'elle respecte un certain nombre de critères légaux et notamment si elle n'est pas disproportionnée ou incompatible avec des droits de l'homme. Il s'agit là de l'un des principaux angles d'attaque de la défense de Julian Assange, dont le traitement a été sévèrement dénoncé par de nombreux médecins et observateurs internationaux, qui ont alerté l'opinion sur sa santé psychique. Le rapporteur de l'ONU sur la torture Nils Melzer avait estimé début novembre que la vie du fondateur de WikiLeaks était "en danger". Son état semble s'être amélioré.

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