Éric Dupond-Moretti, l'un des avocats de Julian Assange, va déposer "une requête" de demande de droit d'asile à Emmanuel Macron

Éric Dupond-Moretti, avocat pénaliste, lors d\'une conférence de presse à Paris, le 19 février 2020.
Éric Dupond-Moretti, avocat pénaliste, lors d'une conférence de presse à Paris, le 19 février 2020. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Julian Assange "se heurte à l'administration américaine et c'est un combat titanesque qu'il s'apprête à livrer", a raconté à France Inter Éric Dupond-Moretti.

Julian Assange est "combatif", mais également "prostré et a du mal à s'exprimer", a indiqué lundi 24 février sur France Inter Éric Dupond-Moretti, l'un de ses avocats. La demande d'extradition de Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, vers les États-Unis, est examinée lundi par la justice britannique. Pour avoir révélé au grand public des documents secrets sur les activités de l'armée américaine, le journaliste australien risque 175 ans de prison.

Julian Assange "se heurte à l'administration américaine et c'est un combat titanesque qu'il s'apprête à livrer", a ajouté l'avocat, rappelant que la semaine dernière, "117 médecins ont tiré la sonnette d'alarme dans la revue scientifique 'The Lancet' expliquant qu'il allait très mal, à la fois physiquement et psychologiquement".

Des points d'attache en France

"J'ai demandé à ce que le président de la République, monsieur Emmanuel Macron, me reçoive", a annoncé Éric Dupond-Moretti. Il explique ainsi qu'il "va déposer une requête charpentée" de demande de droit d'asile en France. Un pays dans lequel "Julian Assange a des points d'attache" : "WikiLeaks a été hébergé pour partie en France et puis il a un petit garçon mineur de nationalité française qui vit en France", a-t-il indiqué.

Pour étayer cette requête, Éric Dupond-Moretti précise que le 28 janvier, "l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a rappelé que sa détention et les poursuites pénales constituaient un dangereux précédent pour les journalistes". "Cette même assemblée a rappelé qu'il faisait l'objet aujourd'hui de traitements cruels, inhumains ou dégradants et que son extradition vers les États-Unis devrait être interdite et qu'il devait être libéré sans délai", ajoute-t-il.

Quand les États-Unis se sentent concernés par leur sécurité, je pense qu'ils s'affranchissent de toutes les règles de droit international.Éric Dupond-Morettià France Inter

Éric Dupond-Moretti regrette par ailleurs que Julian Assange "a moins de chance d'être acquitté que Donald Trump devant le Congrès". Pour l'avocat français, "il n'y a plus de règles et on voit bien que la situation et la vision qu'a l'administration américaine changent selon la couleur politique", dénonce-t-il. "Barack Obama souhaitait abandonner les poursuites, et Donald Trump les a reprises, les enjeux ne sont plus judiciaires", pointe du doigt Éric Dupond-Moretti.

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