Cité dans l'affaire du Carlton, DSK sera entendu

L\'ancien patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, le 29 septembre 2011, à Paris. 
L'ancien patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, le 29 septembre 2011, à Paris.  (MIGUEL MEDINA / AFP)

Auteur de textos croustillants à l'adresse d'un des suspects de l'affaire du Carlton, Dominique Strauss-Kahn dénonce un "lynchage médiatique".

L'affaire du Carlton de Lille se resserre autour de Dominique Strauss-Kahn, qui crie au "lynchage médiatique". Plusieurs sources proches du dossier ont affirmé, vendredi 11 novembre, que l'ancien patron du Fonds monétaire international (FMI) allait être entendu, comme il l'a lui-même demandé. La date de l'audition est encore inconnue, tout comme le statut sous lequel DSK sera interrogé par les enquêteurs.

La veille, le quotidien Libération et l'hebdomadaire Le Point ont publié, sur la base des retranscriptions de  procès-verbaux d'auditions, des textos reçus par Fabrice Paszkowski, mis en examen dans cette affaire. Ces messages intriguent les enquêteurs car leur expéditeur n'est autre que DSK.

• Quels liens Fabrice Paszkowski a-t-il avec DSK ?

Fabrice Paszkowski est un homme d'affaires du Pas-de-Calais, dirigeant d'une entreprise de matériel médical et militant socialiste. Selon Le Point, le quadragénaire connaît DSK depuis huit ans. Il est soupçonné d'avoir organisé des parties fines pour l'ancien directeur du FMI et d'avoir réglé une partie des factures sur le compte de son entreprise.

En détention provisoire depuis le 21 octobre, il est mis en examen pour proxénétisme aggravé en bande organisée, association de malfaiteurs, escroquerie et abus de biens sociaux.

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• D'où proviennent les textos cités par les médias ? 

Les enquêteurs ont récupéré les messages dans deux téléphones portables. Selon Le Point, Fabrice Paszkowski leur a remis un mobile lors de son arrestation et les enquêteurs en ont trouvé un second chez lui. Le premier est celui avec lequel il correspondait avec DSK.

Le second a été égaré au cours d'une soirée, en février 2011. Récupéré par DSK, ce dernier s'en est servi pendant trois mois pour communiquer avec son ami. L'homme politique l'a ensuite rendu à Paszkowski, la veille de son arrestation à New York dans l'affaire du Sofitel. "Embarrassé", Fabrice Paszkowski a effacé la trace de ses échanges avec l'ancien patron du FMI. Il ne reste plus que les messages envoyés par DSK. 

• Que disent les textos envoyés par DSK ? 

Les messages de Dominique Strauss-Kahn ont pour thème principal des rencontres avec des jeunes femmes. Le Point et Libération (lien payant) en publient quelques-uns.

En 2009 : "J'emmène une petite faire les boîtes de Vienne le jeudi 14 mai. Ça te dit de venir avec une demoiselle ?" Plus récemment, en mai 2011 : "Tu viens accompagné à Washington ?", puis "Je la connais ?" 

Mais les textos ne feraient pas seulement allusion à des soirées libertines. Libération rapporte ainsi que des messages citent le nom de trois amis politiques de DSK : Pierre Moscovici, Jean-Marie Le Guen et Christophe Borgel, secrétaire national PS aux élections. "Appelle, explique lui et demande lui qui tu peux appeler chez Aubry", lui aurait ainsi envoyé DSK en juin 2009, révèle le quotidien. 

• Sur quoi travaillent les enquêteurs ? 

Les enquêteurs tentent tout d'abord de faire parler la puce du second téléphone, sur réquisition judiciaire. Cela permettrait de récupérer les réponses formulées par Fabrice Paszkowski à DSK. Même si elles sont effacées du portable, les données informatiques présentes sur la carte SIM sont en effet conservées par l'opérateur. 

Mais les policiers vont aussi s'intéresser aux liens entre Fabrice Paszkowski et les trois amis de DSK. Pourquoi l'ancien directeur du FMI a-t-il voulu les mettre en relation ? Que souhaitait Fabrice Paszkowski ? 

Ces questions restent pour le moment sans réponses précises. Mais l'affaire du Carlton semble désormais sortie du simple territoire lillois.

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