VIDEO. Le terrifiant appel d'Elodie Kulik aux pompiers : "On ne sort pas indemne de son écoute", témoigne un ex-gendarme

"Des pleurs, des hurlements, des cris…" Ce sont ceux d’Elodie Kulik sur une bande sonore de vingt-six secondes, l’enregistrement de l’appel au secours de la jeune femme de 24 ans tuée en janvier 2002… Extrait du magazine "13h15 le dimanche" du 8 décembre 2019.

"Habituellement, quand on a un accident de la route et que l’on voit quelqu’un arriver, on se dit : ’Ouf, ils viennent m’aider, me porter secours…' Elle, [Elodie Kulik, employée de banque de 24 ans, sauvagement assassinée dans la nuit du 10 au 11 janvier 2002, sur les bords d’une route départementale en Picardie] voit les gens arriver, appelle le 18, le numéro des pompiers, et pousse des cris. Cela veut dire qu’elle sait déjà que ceux qui viennent vers elle ne sont pas là pour l’aider, mais au contraire, pour lui faire du mal", rappelle au magazine "13h15 le dimanche" (replay), Georges Charrières, ancien journaliste au Courrier picard.

Les voix d’hommes se rapprochent de la jeune femme. Ils parlent entre eux… Sur la bande sonore de très mauvaise qualité, on croit entendre : "Eteins tes feux" ; "Passe-moi tes clefs" ; "Enlève la batterie." La voiture d’Elodie est découverte au matin, les clés sur le contact et son sac à l’intérieur. Elle a disparu… Les gendarmes ne font pas tout de suite le lien avec l’appel aux pompiers. L’opératrice a cru qu’il s’agissait des cris d’une femme battue. Quand le numéro de la fille de Jacky Kulik, qui se bat depuis dix-sept ans pour connaître la vérité, est identifié, alors, les militaires écoutent avec attention les vingt-six secondes de l’appel au secours.

"Cela vous prend aux tripes et vous êtes complètement retourné"

Thierry Fouache, ancien commandant de la brigade de recherches de Péronne, dans le département de la Somme, aujourd’hui à la retraite, est un des premiers gendarmes à arriver sur la scène de crime. Il a participé à l’enquête et n’a jamais pu oublier l’appel terrifiant et désespéré d’Elodie aux soldats du feu. "Sincèrement, celui qui écoute la bande, même quinze ans après, ne peut pas être insensible à ça. Cela vous prend aux tripes et vous êtes complètement retourné. On ne sort pas indemne à l’écoute de cette bande", témoigne-t-il

"Des pleurs, des hurlements, des cris… et des voix en arrière-plan qui semblent essayer de la calmer, mais elle hurle, elle hurle… C’est vraiment très prenant", précise l’ex-gendarme. Les scientifiques ont écouté des centaines de fois cette bande sonore pour tenter de la faire parler. Ils se sont concentrés sur les voix des hommes. Deux s’entendent distinctement… et peut-être une troisième. "Si l’on réfère aux expertises, il est fait état d’une voix plus posée, calme, et qui semble avoir autorité sur la deuxième", rapporte Thierry Fouache.

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