VIDEO. Le jour où l'appel d'Elodie Kulik aux pompiers a été diffusé deux fois lors d'une audience de la cour d'assises de la Somme

L’effrayant appel au secours de la jeune femme violée, tuée et brûlée dans la nuit du 10 au 11 janvier 2002 en Picardie, a été entendu le 27 novembre 2019 par le jury populaire et le public présents au tribunal d’Amiens… La semaine suivante, Willy Bardon, dont des proches ont reconnu la voix, est condamné à trente ans de réclusion criminelle. Ses avocats ont fait appel. Extrait du magazine "13h15 le dimanche" du 15 décembre.

Ce mercredi 27 novembre 2019 est un jour décisif dans le procès de Willy Bardon, seul suspect vivant dans l’affaire Elodie Kulik, sauvagement assassinée dans la nuit du 10 au 11 janvier 2002, sur les bords d’une route départementale en Picardie. La pièce à conviction majeure est le terrifiant appel de vingt-six secondes de la jeune directrice d’agence bancaire de 24 ans aux pompiers. La bande est diffusée à deux reprises dans la salle d’audience de la cour d’assises d’Amiens (Somme).

"Ça risque de faire mal à beaucoup de monde… Pour l’avoir déjà entendu, je sais à quoi m’attendre. Ce sera beaucoup plus dur pour les gens qui ne l’ont jamais entendu", témoigne Jacky Kulik, le père de la victime, pour le magazine "13h15 le dimanche" (replay). Cindy, une amie d’enfance d’Elodie, n’a encore jamais entendu l’enregistrement. Après la diffusion par haut-parleurs, les jurés munis d’un casque vont écouter un grand nombre de fois la bande. Willy Bardon va également entendre ces terribles secondes de terreur.

Les jurés sont prostrés... Willy Bardon est impassible 

Les voix d’hommes sont étouffées. Ils parlent de façon calme derrière la vitre de la voiture d’Elodie. Ses hurlements couvrent tout. On croit l’entendre dire : "Ils m’assassinent." Les jurés d’assises sont prostrés. Willy Bardon est impassible. Cindy, très éprouvée, quitte l’audience : "Je suis sortie pour évacuer tout ça à l’extérieur. Je ne l’ai jamais entendue avec une telle détresse. On imagine probablement son calvaire. C’est gravé dans ma tête et dans mon cœur. Il faut vivre avec. Il faut vivre pour elle…" Après ce moment de trop forte émotion, l’amie rejoint la salle d’audience.

Qu’est-il possible de distinguer sur l’enregistrement de cet appel au secours ?  Pour confondre Willy Bardon, la partie civile insiste sur ses proches qui ont formellement reconnu sa voix sur la bande sonore. Un intime peut reconnaître même des bribes, affirment les avocats de Jacky Kulik. La partie adverse s’appuie sur les experts qui ont défilé à la barre. Pour la science, cette bande ne peut être une preuve car elle est trop abimée et les proches peuvent se tromper. Vendredi 6 décembre 2019, Willy Bardon a été condamné à trente ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de la Somme. Le condamné a tenté de mettre fin à ses jours à l’énoncé du verdict. Ses avocats ont fait appel.

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