Affaire Grégory : qui est "le cousin" de Murielle Bolle au témoignage-clé ?

La rivière La Vologne, dans le village de Lepanges-sur-Vologne, où Grégory Villemin a été retrouvé mort, le 16 octobre 1984.
La rivière La Vologne, dans le village de Lepanges-sur-Vologne, où Grégory Villemin a été retrouvé mort, le 16 octobre 1984. (FREDERICK FLORIN / AFP)

Murielle Bolle doit être confrontée à son cousin, vendredi 28 juillet, à Dijon. Le récent témoignage de cet homme a été déterminant dans la mise en cause de la belle-sœur de Bernard Laroche.

C'est un face-à-face qui pourrait être crucial pour la suite de l'affaire Grégory.
Vendredi 28 juillet, devant la présidente de la chambre de l'instruction à Dijon (Côte-d'Or), Murielle Bolle doit être confrontée à son cousin. Après plus de 32 ans de silence, cet homme, qui préfère taire son identité, s'est manifesté mi-juin auprès des enquêteurs et a relancé l'affaire.

Il assure avoir assisté au "lynchage" subi par l'adolescente à son retour dans sa famille alors qu'elle venait de désigner son beau-frère Bernard Laroche comme l'auteur de l'enlèvement de l'enfant de quatre ans retrouvé mort, le 16 octobre 1984, dans les eaux de la Vologne. Ce lynchage serait à l'origine de la rétractation de Murielle Bolle le lendemain.

Qui est ce cousin ? À 54 ans, il ne fait pas mystère d'un passé de bagarreur mais il se dit aussi "homme de parole". Gravement diminué par la maladie, il a eu le déclic, raconte-il, en apprenant la garde à vue des époux Jacob, le grand-oncle et la grand-tante de Grégory, le 14 juin. Ce cousin de Murielle Bolle contacte alors les enquêteurs. Face aux gendarmes, puis à la juge d'instruction, il affirme qu'il était présent, le soir du 5 novembre 1984.

Il affirme que Murielle Bolle a subi des violences physiques

Ce jour-là, mis en cause par Murielle Bolle, Bernard Laroche est inculpé et écroué. Une réunion de crise se tient dans la maison familiale, à Laveline-devant-Bruyères. Ce cousin, alors âgé d'une vingtaine d'années, dit avoir vu Murielle subir des violences physiques. Il affirme avoir vu Marie-Ange Laroche, la sœur de l'adolescente, une poignée de cheveux à la main. Pourtant des contradictions émergent de son témoignage.

"Il est relativement impatient de pouvoir s'exprimer. Il me l'a confirmé encore lors de notre dernier entretien, confie Jean-Christophe Tymoczko, l'avocat de ce cousin. Ce qu'il voudrait, c'est simplement que, enfin, la vérité émerge."

Il va de soi que cette fameuse réunion familiale s'est passée dans un climat plus que tendu.Jean-Christophe Tymoczko, l'avocat du cousinà franceinfo

"Il était présent, contrairement à ce qui est dit, et il affirme haut et fort que ce revirement de Murielle Bolle, quelque 24 heures après cette réunion, est lié aux pressions dont elle a fait l'objet, notamment physiques. Il le maintiendra certainement pendant la confrontation, poursuit Me Tymoczko. Il espère bien, d'ailleurs, que Murielle Bolle accepte que certains des faits qu'il a pu décrire de manière précise soient enfin acceptés comme étant la réalité de ce qu'il s'est passé il y a 30 ans de cela."

De son côté, lors de sa dernière garde à vue, Murielle Bolle, qui a été mise en examen pour enlèvement suivi de mort et placée en détention, a affirmé durant sa dernière garde à vue ne pas avoir été frappée. Depuis sa rétractation, elle a toujours soutenu que son beau-frère, Bernard Laroche était innocent.

"Il est relativement impatient de pouvoir s'exprimer" selon Jean-Christophe Tymoczko, l'avocat du cousin de Murielle Bolle.
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