Affaire Grégory : "Les déclarations du cousin ne tiennent plus" affirme l'avocat de Murielle Bolle

Jean-Paul Teissonnière, le 28 juin 2017.
Jean-Paul Teissonnière, le 28 juin 2017. (MAXPPP)

Pour l'un des avocats de Murielle Bolle, Jean-Paul Teissonnière, la confrontation de vendredi avec son cousin a permis de mettre fin à "cette rumeur à laquelle nous avons tordu le cou, selon laquelle, Murielle Bolle aurait été battue avant de procéder à la rétractation."

Aucun rebondissement n'a eu lieu dans l’affaire Grégory, après la confrontation devant la justice vendredi 28 juillet à Dijon entre Murielle Bolle et l’un de ses cousins. Ce dernier affirme qu’elle avait bien subi "un lynchage" de la part de sa famille le 5 novembre 1984 pour la faire revenir sur son témoignage incriminant Bernard Laroche, contrant les dénégations de Murielle Bolle. Le face-à-face a duré 3 heures à Dijon devant la présidente de la chambre d’instruction. Murielle Bolle, 48 ans, a été mise en examen fin juin pour enlèvement suivi de mort et placée en détention provisoire.

Pour l'un de ses avocats, Jean-Paul Teissonnière, "la confrontation s’est déroulée dans un climat tendu" mais a fait "progresser" l’affaire. "Nous savons d’ores et déjà que Murielle n’a pas fait l’objet de violences les 5 et 6 novembre 1984", a-t-il affirmé sur franceinfo samedi. Il affirme "avoir tordu le cou à ses rumeurs". Conséquence : "Les déclarations du cousin ne tiennent plus" selon lui et Murielle Bolle "devrait enfin être remise en liberté bientôt", estime-t-il.

franceinfo : Dans quel climat s’est déroulée la confrontation devant la justice ?

Jean-Paul Teissonnière : La confrontation s’est déroulée dans un climat tendu. Je voudrais préciser que nous avons considérablement progressé hier. Nous savons d’ores et déjà que Murielle n’a pas fait l’objet de violences les 5 et 6 novembre 1984. Les rétractations qu’elle a formées dans le bureau du juge d’instruction le 6 novembre ne sont pas la conséquence de violences exercées contre elle. Elles constituent un acte spontané qui doit être considéré comme crédible.

Qu’est-ce qui vous permet de dire cela ?

Il a été reconnu que les témoins n’étaient pas là et ne pouvaient pas être là les 5 et 6 novembre 1984. La confrontation d’hier change tout. Le procureur général soutient l’accusation. Hier, l’accusation a été mise en échec sur cet aspect tout à fait essentiel, cette rumeur à laquelle nous avons tordu le cou, selon laquelle, Murielle Bolle aurait été battue avant de procéder à la rétractation. Tout cela est problématique. Il est vrai que le personnage principal décrit par le témoin ne pouvait pas être là le 5 novembre. Les faits tels qu’ils ont été décrits par le témoin ne pouvaient pas avoir lieu les 5 et 6 novembre. Je rappelle que le témoin en question prétendait que le 5 novembre, Murielle Bolle avait été rouée de coups, que son visage présentait des ecchymoses et des bleus et que dans ses conditions, la rétractation était intervenue, alors que le 5, Murielle Bolle avait été vue par le juge Lambert pendant plusieurs heures. Le 6, elle a été vue à nouveau par le juge. Le 7, on la voit à la télévision faire des déclarations avec un visage reposé. Les déclarations du cousin ne tiennent plus.

Le 4 août, sera examinée la demande de remise en liberté sous contrôle judiciaire de Murielle Bolle, êtes-vous confiant ?

Oui, je pense que la conséquence de ce qui s’est passé hier, c’est qu’elle devrait enfin être remise en liberté bientôt. Je pense que nous irons encore plus loin dans les semaines et les mois qui viennent. Il faut absolument tordre le cou à toutes ces fausses rumeurs qui alimentent ce dossier et qui pourrissent la vie de Murielle Bolle, de manière à ce qu’elle soit enfin en paix et qu’on ne lui reproche pas les faits qu’elle n’a jamais commis.

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