Une enquête ouverte après le suicide du directeur de l'école de Villefontaine mis en examen pour viols sur des élèves

La prison de Corbas ((Rhône), le 17 juin 2013.
La prison de Corbas ((Rhône), le 17 juin 2013. (MAXPPP)

L'homme avait déjà tenté de mettre fin à ses jours dans sa cellule, en août dernier.

Romain Farina, l'ex-directeur d’école de Villefontaine (Isère) mis en examen et écroué pour des viols sur des élèves le 25 mars 2015, s'est suicidé à la maison d’arrêt de Corbas (Rhône) dans la nuit du lundi 4 au mardi 5 avril.

Une "enquête a été immédiatement ouverte par le procureur pour établir les circonstances exactes" du suicide, a annoncé le garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas, qui s'est dit "absolument déterminé à faire la lumière" sur la mort de l'enseignant. Il a précisé que Romain Farina "faisait l'objet d'une surveillance particulière, ayant déjà tenté de se suicider". En effet, le suspect avait déjà tenté de mettre fin à ses jours dans sa cellule, en août dernier.

Soixante et une victimes potentielles

La justice soupçonne l'ancien directeur d'école d'avoir imposé "par surprise" des fellations à plusieurs de ses élèves dans le cadre de ce qu'il appelait "un atelier du goût", durant lequel les enfants, les yeux bandés, devaient identifier des "choses" qu'il leur faisait goûter. 

En outre, le directeur avait filmé ses agressions pédophiles. La justice a dénombré 61 victimes potentielles dans différents établissements scolaires où a officié l'enseignant.

"Un choc", pour la ministre de l'Education nationale

"C'est très, très dur pour les parents, parce que ce n'est évidement pas ce qu'ils voulaient. Ils voulaient simplement la vérité (...). Son suicide met fin à cet espoir, a réagi auprès de francetv info l'avocat des victimes. J’ai eu trois familles en direct, qui m’ont dit que c’était terrible. Elles attendaient beaucoup du procès et de la suite de l’instruction."

C'est "un choc" et "un nouveau traumatisme" pour les familles des victimes, "qui attendaient un procès qu'elles n'auront pas", a déclaré la ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, en visite dans un établissement parisien. "Cette fin terrible leur interdit d'avoir des réponses." Mais, "par leurs témoignages et leur dignité, [les familles] auront contribué à faire avancer la loi, afin qu'aucun Villefontaine ne puisse se reproduire", a-t-elle ajouté.  

La semaine dernière, l'Assemblée nationale a adopté un texte qui oblige au procureur de la République d'informer l'administration des condamnations et de certaines mesures de contrôle judiciaire prononcées à l'encontre des personnes exerçant une activité en "contact habituel avec des mineurs", notamment pour des infractions sexuelles ou commises contre les enfants. Ce texte doit passer mardi en lecture définitive au Sénat.

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