Lycéens interpellés à Mantes-la-Jolie : l'enquête de l'IGPN classée sans suite

Cent cinquante jeunes avaient été interpellées par la police, le 6 décembre 2018 à Mantes-la-Jolie (Yvelines). 
Cent cinquante jeunes avaient été interpellées par la police, le 6 décembre 2018 à Mantes-la-Jolie (Yvelines).  (CAPTURE D'ÉCRAN / TWITTER)

L'interpellation vue dans une vidéo filmée par un policier, et montrant des dizaines de jeunes à genoux, mains sur la tête ou menottées dans le dos, avait suscité l'indignation.

Les images de ces jeunes à genoux et les mains sur la tête avaient choqué. L'enquête préliminaire confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) portant sur l'interpellation, le 6 décembre 2018, de 151 jeunes en marge d'une mobilisation lycéenne à Mantes-la-Jolie (Yvelines) a été classée sans suite, selon un communiqué du procureur de Nanterre (Hauts-de-Seine), vendredi 26 juillet. 

L'interpellation vue dans une vidéo filmée par un policier, et montrant des dizaines de jeunes à genoux, mains sur la tête ou menottées dans le dos, avait suscité l'indignation sur les réseaux sociaux et dans la classe politique. Le syndicat lycéen UNL, puis dix mineurs, avaient déposé plainte, notamment pour atteinte arbitraire à la liberté individuelle, violences volontaires par dépositaire de l'autorité publique ainsi que pour diffusion illégale de l'image de personnes. 

Position à genoux et mains entravées "justifié"

"Le fait de retenir les personnes interpellées en position à genoux ou assise, entravées pour certaines d'entre elles, apparaît justifié par le contexte exceptionnel de violences urbaines graves et le nombre de personnes devant être conduites dans les locaux de police, nécessitant une organisation matérielle incompressible", écrit la procureure de Nanterre, où le dossier a été dépaysé. Les plaignants "placés en garde à vue ont bénéficié des droits légaux attachés au régime de la garde à vue", souligne-t-elle également. 

"Les violences déclarées au soutien des plaintes pour violences aggravées déposées au nom de quatre des plaignants ne sont corroborées ni par leurs déclarations ou les observations de leurs conseils, ni par les examens médicaux des médecins légistes, ni lors de leur présentation à un magistrat dans le cadre de la prolongation de leur garde à vue", ajoute la représentante du ministère public.

Une plainte avec constitution de partie civile

Pour l'avocat de certains plaignants, Arié Alimi, la décision du parquet de Nanterre n'a "aucune incidence" sur l'affaire puisqu'une plainte avec constitution de partie civile a été déposée le 6 mai pour qu'un juge d'instruction, "plus indépendant", selon lui, se saisisse du dossier.

"Nous questionnons la réelle volonté de l'IGPN ou encore du parquet de Nanterre d'enquêter sur la police", a-t-il déclaré à Reuters. "Nous allons donc mettre toutes nos forces au service de ces lycéens", a-t-il ajouté précisant qu'une trentaine de plaintes avaient été déposées auprès du juge d'instruction par un collège de cinq avocats.

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