Accusée de huit infanticides, Dominique Cottrez est finalement renvoyée devant les assises

Accusée d\'un octuple infanticide, Dominique Cottrez arrive au palais de justice de Douai (Nord) pour être présentée à une juge d\'instruction, le 13 juillet 2011.
Accusée d'un octuple infanticide, Dominique Cottrez arrive au palais de justice de Douai (Nord) pour être présentée à une juge d'instruction, le 13 juillet 2011. (MAXPPP)

Cette femme de 50 ans avait reconnu avoir tué huit bébés, mais ses avocats estimaient que les faits étaient prescrits.

C'est la plus importante affaire de ce type connue en France. Dominique Cottrez sera jugée devant les assises, a décidé la Cour de cassation, vendredi 7 novembre, pour les huit infanticides que cette femme de 50 ans a reconnus. 

Fin juillet 2010, deux corps avaient d'abord été découverts dans des sacs en plastique enfouis à Villers-au-Tertre (Nord), à l'ancien domicile des parents de Dominique Cottrez, où elle avait elle-même vécu avant son mariage. Six autres corps avaient ensuite été trouvés dans le garage de la maison où elle vivait avec son mari. Devant la juge d'instruction, elle avait expliqué avoir subi des faits d'inceste et avoir agi de crainte que les enfants ne soient de son propre père, mort en 2007. La forte corpulence de Dominique Cottrez avait rendu ses grossesses indécelables par ses proches et même par ses médecins. 

Des grossesses indécelables

Ses avocats faisaient valoir que le délai de prescription, de dix ans en matière criminelle, devait commencer à partir de la date de commission des faits. Ils s'appuyaient sur des expertises datant la naissance de sept enfants avant mai 2000, soit plus de dix ans avant la découverte des premiers corps, un "doute" subsistant pour le huitième bébé, né selon les experts entre mai et septembre 2000.

Mais l'assemblée plénière de la Cour de cassation a rejeté le pourvoi déposé par les avocats. Elle a jugé que "l'obésité ainsi que la clandestinité des naissances et des morts caractérisaient un obstacle insurmontable à l'engagement des poursuites", suspendant donc le délai de prescription.