Crash dans les Alpes : l'identification des corps s'annonce longue et difficile

Un gendarme sur les lieux du crash de l\'A320 de la compagnie Germanwings, dans les Alpes-de-Haute-Provence, le 27 mars 2015.
Un gendarme sur les lieux du crash de l'A320 de la compagnie Germanwings, dans les Alpes-de-Haute-Provence, le 27 mars 2015. (GONZALO FUENTES / REUTERS)

Trois jours après le drame, les gendarmes sont mobilisés pour collecter les corps des victimes et les débris de l'avion.

"Nous n'avons pas retrouvé un seul corps intact", a annoncé le colonel de gendarmerie Patrick Touron, vendredi 27 mars, trois jours après le crash de l'Airbus A320 de la compagnie Germanwings dans les Alpes-de-Haute-Provence. "Ce qui est inédit dans cette catastrophe, c'est la difficulté liée au relevage des éléments de corps." Les enquêteurs progressent en binômes aves des gendarmes de haute montage sur le site du crash qui a fait 150 morts.

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"Je pense que nous devrions être en mesure de procéder à l'ensemble des identifications", a toutefois déclaré le colonel Patrick Touron, directeur adjoint de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN).

La délicate collecte toujours en cours sur le site

"Quatre cents à 600 éléments" – des fragments de corps – ont été relevés par les experts. Mais des éboulements ont déjà "recouvert des parties de corps". Autant dire que la collecte est délicate. Une vingtaine de techniciens légistes continuent de fouiller la zone, à la recherche "d'éléments identifiants".

Compte tenu "de la nature de la dégradation des corps, nous pensons que l'ADN sera l'élément prégnant pour procéder à des identifications", a précisé Patrick Touron. "Le processus d'identification débutera lorsque nous aurons suffisamment d'éléments. A ce jour, je n'ai aucun élément d'information relatif à un 'matchage'", c'est-à-dire à une correspondance d'ADN.

Les experts ont pour "consigne" de signaler tout indice – l'uniforme notamment –tendant à identifier les six membres d'équipage. "Une fois qu'on aura identifié le copilote (...), le procureur sera en mesure de procéder aux investigations qu'il souhaite."

Les prélèvements des victimes sécurisés

"Les éléments de corps sont répertoriés et placés dans des congélateurs, à moins 20 degrés, afin de permettre d'éventuelles analyses." Des échantillons sont envoyés au laboratoire de l'IRCGN, à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

Des médecins légistes et des dentistes légistes sont déployés à Seyne, commune proche des lieux du crash. Ces derniers ont un rôle essentiel, puisqu'une part importante des identifications est permise par les empreintes dentaires. Les enquêteurs allemands ont acheminé à cette fin un lecteur biométrique. Les bijoux, les documents d'identité qui ont pu être retrouvés sur le site aideront également les légistes.

Un laboratoire a été mis en place à Seyne. Une quarantaine d'enquêteurs travaillent sur les "prélèvements effectués sur la montagne, rapatriés par hélicoptère jusqu'à l'aérodrome, avant d'être transférés par six gendarmes" jusqu'au laboratoire. "On extrait l'ADN ici et on fait la comparaison avec les prélèvements effectués sur les familles", a-t-il ajouté.

Des relevés d'ADN réalisés auprès des familles

Des relevés biologiques sont en effet en cours auprès des familles de victimes. Aux termes des procédures d'entraide policière et judiciaire définies par Interpol, les autorités espagnoles ont déjà transmis l'ADN des 50 victimes originaires d'Espagne et les autorités allemandes sont en passe de le faire pour leurs 75 ressortissants tués dans l'accident.

Cette base va permettre d'accélérer le "processus de réconciliation", c'est-à-dire l'identification des victimes. Essentielle pour permettre aux familles d'entamer leur travail de deuil, cette opération s'annonce longue et difficile.

Cette base ADN sera détruite par la suite, précise Patrick Touron, car elle n'a pas d'autre but que d'identifier les victimes. "Nous souhaitons rendre le plus vite les corps aux familles", a-t-il précisé. Des enquêteurs ont déclaré que le processus d'identification des corps se poursuivrait la semaine prochaine, voire la semaine suivante. Mais Patrick Touron n'a confirmé aucun délai. "Ce n'est pas moi qui suis le maître du temps."

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