Crash de l'A320: "tout le monde connaîtra mon nom", expliquait le copilote à son ex-petite amie

Le copilote de Germanwings,  Andreas Lubitz, le 13 septembre 2009 à Hambourg (Allemagne).
Le copilote de Germanwings,  Andreas Lubitz, le 13 septembre 2009 à Hambourg (Allemagne). (FOTO TEAM MUELLER / AFP)

La jeune femme s'est confiée samedi au quotidien allemand Bild.

Andreas Lubitz a-t-il prémédité le crash de son Airbus A320 ? Le copilote soupçonné d'avoir détruit délibérément l'avion de Germanwings avait dit qu'il ferait un jour "quelque chose qui allait changer tout le système" et que "tout le monde connaîtrait (son) nom". C'est ce qu'a raconté son ex-petite amie au quotidien allemand Bild (en allemand) publié samedi 28 mars. "Je ne comprenais pas ce que cela signifiait à l'époque, maintenant ça a du sens", ajoute-t-elle.

Dans un entretien à ce quotidien à gros tirage, Maria W., une hôtesse de l'air de 26 ans présentée par Bild comme une ancienne petite amie d'Andreas Lubitz, indique que lorsqu'elle a entendu parler du crash, une phrase du copilote lui est "revenue en mémoire: 'Un jour, je vais faire quelque chose qui va changer tout le système, et tout le monde connaîtra mon nom et s'en souviendra'".

"Il devenait de plus en plus clair qu'il avait un problème"

Selon Bild, la jeune femme, qui se dit "très choquée", a volé cinq mois l'an passé avec Andreas Lubitz sur des vols européens, mais leur relation, qui semble avoir duré le temps de leur travail en commun, n'a jamais été officielle. Si Andreas Lubitz "a fait ça", "c'est parce qu'il a compris qu'à cause de ses problèmes de santé, son grand rêve d'un emploi à la Lufthansa, comme capitaine et comme pilote de long courrier était pratiquement impossible", affirme-t-elle.

La jeune femme explique s'être séparée d'Andreas Lubitz "parce qu'il devenait de plus en plus clair qu'il avait un problème". "Lorsqu'on parlait, il s'agitait soudain et me hurlait dessus. J'ai pris peur. Une fois il s'est même enfermé pendant assez longtemps dans la salle de bain. La nuit, il se réveillait en criant "on va s'écraser", car il faisait des cauchemars", raconte-t-elle.

Il réussissait très bien à cacher ce qu'il se passait en lui aux autresMaria W.Bild

"Nous avons toujours beaucoup parlé du travail, et là, il devenait quelqu'un d'autre, il s'énervait à propos des conditions de travail. Pas assez d'argent, peur pour le contrat (de travail), trop de pression", affirme-t-elle.

"Il ne parlait pas beaucoup de sa maladie"

"Il était capable de cacher aux autres ce qui se passait vraiment en lui", estime-t-elle, expliquant qu'il "ne parlait pas beaucoup de sa maladie, seulement qu'il suivait un traitement psychiatrique à cause de cela". Elle évoque un jeune homme "gentil et ouvert" pendant les vols, "très doux" en privé, "quelqu'un qui avait besoin d'amour".

Le Parquet de Düsseldorf, dans l'ouest de l'Allemagne, a annoncé vendredi qu'Andreas Lubitz avait caché qu'il faisait l'objet d'un arrêt maladie le jour de l'accident. Des troubles psychiatriques semblent l'hypothèse privilégiée. L'Airbus A320 de Germanwings, qui devait relier Barcelone à Düsseldorf, s'est écrasé mardi dans les Alpes françaises, tuant la totalité des 150 personnes qui étaient à bord, dont Andreas Lubitz.

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