Crash d'Ethiopian Airlines : les pilotes avaient respecté les procédures d'urgence recommandées par Boeing

Des débris du Boeing de la compagnie Ethiopian Airlines qui s\'est écrasé près de Bishoftu (Ethiopie), ici le 12 mars 2019.
Des débris du Boeing de la compagnie Ethiopian Airlines qui s'est écrasé près de Bishoftu (Ethiopie), ici le 12 mars 2019. (BAZ RATNER / REUTERS)

Ils ont même réalisé ces procédures à plusieurs reprises, sans parvenir à reprendre le contrôle de l'appareil, selon un rapport préliminaire. L'avion s'est écrasé en Ethiopie, le 10 mars, tuant 157 personnes.

Une nouvelle révélation accablante pour Boeing. Selon un rapport préliminaire, publié jeudi 4 avril, sur les causes du crash du vol Ethiopian Airlines, le 10 mars en Ethiopie, les pilotes ont exécuté "à plusieurs reprises" les procédures d'urgence recommandées par le constructeur, sans succès. La catastrophe a tué 157 personnes. Elle a provoqué l'immobilisation au sol des 737 Max dans le monde entier.

"L'équipage a réalisé à plusieurs reprises toutes les procédures fournies par le constructeur, mais ils n'ont pas été en mesure de reprendre le contrôle de l'avion", a déclaré la ministre éthiopienne des Transports, Dagmawit Moges, lors d'une conférence de presse.

Le rapport préliminaire recommande dès lors que "le système de gestion de vol de l'avion soit revu par le fabricant" américain, et demande aux "autorités de l'aviation" de s'assurer que cette révision ait bien été menée.

Boeing "examine" le rapport

Il s'agit du deuxième crash en moins de cinq mois du 737 Max 8 de Boeing dans des circonstances similaires : des accidents survenus quelques minutes après le décollage à l'issue de mouvements d'oscillation brutaux et rapprochés. Déjà mis en cause dans le crash de Lion Air en Indonésie, en octobre, le système de stabilisation de l'appareil (MCAS) est une nouvelle fois pointé du doigt.

Dans une consigne adressée aux équipages le 6 novembre dernier, après le crash de Lion Air, Boeing expliquait qu'une erreur de la sonde mesurant l'angle d'attaque (AOA) pouvait conduire le MCAS à mettre brutalement l'avion en "piqué" (nez vers le sol). Pour y remédier, il recommandait aux pilotes de désactiver le système en "déconnectant les compensateurs électriques", et ce "jusqu'à la fin du vol".

La société Boeing a indiqué qu'elle allait "examiner" le rapport. Un rapport complet devrait prendre entre six mois et un an avant d'être finalisé.

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