Passages à niveau : une association de victimes demande la généralisation des détecteurs permettant au train d'être averti plus tôt d'un obstacle

Le passage à niveau d\'Allinges (Haute-Savoie), le 2 juin 2008. 
Le passage à niveau d'Allinges (Haute-Savoie), le 2 juin 2008.  (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

Patrick Baptendier, porte-parole de "Sourires des Anges", était l'invité de franceinfo vendredi pour évoquer la sécurisation des passages à niveau après la collision mortelle entre un TER et un car, jeudi dans les Pyrénées-Orientales. 

La collision entre un car scolaire et un TER dans les Pyrénées-Orientales jeudi 14 décembre rappelle un autre accident survenu il y a près de 10 ans. En Haute-Savoie, le 2 juin 2008, sept enfants avaient été tués et une trentaine d'autres blessés au passage à niveau situé sur la commune d'Allinges.

Après ce drame, "tout un travail a été fait, mais il n'a pas été suffisant pour éviter celui d'hier" [à Millas], a regretté, vendredi 15 décembre sur franceinfo, Patrick Baptendier, porte-parole de "Sourires des Anges", l'association des victimes d'Allinges. Elle réclame la généralisation des détecteurs qui permettent "au train d'être averti plus tôt et de ralentir sa vitesse" avant un obstacle, a défendu Patrick Baptendier.

franceinfo : Comment un tel accident peut-il encore se produire près de 10 ans après celui d'Allinges ?

Patrick Baptendier : En 2008, on avait dit 'plus jamais ça'. Aujourd'hui, on s'en veut, parce que le fait que cela se reproduise veut dire qu'on n'a pas travaillé suffisamment vite et qu'on n'a pas développé ce qu'il fallait suffisamment tôt pour éviter cet accident. Il faut qu'à partir de demain, on mette les moyens humains et financiers pour qu'en 2018 on améliore la sécurisation des passages à niveau. On avait fait ce choix après le procès [de l'accident d'Allinges] de dire qu'on doit se battre pour les autres, c'est pour ça qu'on avait décidé avec la partie SNCF Auvergne-Rhône-Alpes de se voir régulièrement et d'essayer d'avancer dans la sécurisation des passages à niveau. Dans cette région, la SNCF est organisée selon une procédure pilote, avec un vrai service consacré aux passages à niveau. Les gens se déplacent pour étudier l'environnement autour des passages. Tout un travail a été fait, mais il n'a pas été suffisant pour éviter celui d'hier [à Millas].

Comment sont accueillies vos actions de sensibilisation aux dangers des passages à niveau ?

Au niveau de l'accueil, il n'y a pas de problème, notamment lors de la journée nationale de prévention sur les passages à niveau. Parmi les initiatives que nous avons mises en place, nous avons décidé de nous rendre dans les auto-écoles, pour vérifier si les diapositives présentées pour le Code de la route sont bien conformes à la sécurité sur les passages à niveau (…). 

Le passage à niveau est devenu parfois un usage commun. On ne le repère plus dans son environnement. Du coup, les personnes qui passent tous les jours sur un même passage à niveau ne font plus vraiment attention et ne se rendent plus compte du danger.Patrick Baptendier, porte-parole de "Sourires des Anges"à franceinfo

Certains passages à niveau ne sont plus mis en avant comme organe dangereux. On est favorable à la mise en place de vraies campagnes de prévention autour du danger que représentent les passages à niveau.

Que pensez-vous des capteurs qui sont mis en place pour envoyer au train un signal de freinage en cas d'obstacle sur les voies ? Il y en sept en tout en France. Faut-il généraliser ce dispositif ?

Quand je parle de sécurité à court terme, je parle de ces détecteurs. Il faut absolument qu'on avance très vite là-dessus, parce que cela va nous laisser le temps de préparer les ponts-routes qui enjambent le passage à niveau, par-dessus ou par-dessous. En attendant, il faut qu'on avance sur l'installation de ces détecteurs, parce que c'est un élément qui permettra de sécuriser les passages à niveau. Ce n'est pas forcément ce qui va arrêter le train. En revanche, le délai entre le train et l'obstacle sera plus long que le délai simple qu'on a actuellement. Cela permettra au train d'être averti plus tôt, de ralentir sa vitesse. Un impact à 80 km/h contre un choc à 30km/h peut changer grandement les choses quant aux vies des personnes engagées sur le passage à niveau.

"Certains passages à niveau ne sont plus mis en avant comme organe dangereux" Patrick Baptendier, porte-parole de "Sourires des Anges" à franceinfo.
--'--
--'--

Vous êtes à nouveau en ligne