Passages à niveau : les accidents sont liés à "l'impatience et la routine"

Un passage à niveau près de Montlaur, en Haute-Garonne.
Un passage à niveau près de Montlaur, en Haute-Garonne. (ERIC CABANIS / AFP)

Selon la déléguée générale de l'association Prévention routière, les personnes qui ont un passage à niveau sur leur trajet quotidien prennent de mauvaises habitudes.

Anne Lavaud, déléguée générale de l'Association Prévention routière, affirme vendredi 12 avril sur franceinfo que les accidents aux passages à niveau sont généralement liés à "l'impatience et la routine."

Un rapport de Laurence Gayte, députée LREM des Pyrénées-Orientales, publié vendredi, pointe que malgré les plans d'action successifs en 1998, 2008 et 2014 pour renforcer la sécurité des passages à niveau, le nombre de victimes n'a pas baissé de manière significative. "On a un accident tous les trois jours, et ce depuis a minima 10 ans", confirme Anne Lavaud.

"Il y a deux facteurs accidentogènes, explique Anne Lavaud. L'impatience et la routineQuand on passe systématiquement tous les matins, tous les soirs à un passage à niveau et qu'on ne croise jamais un train, on est convaincu qu'on ne croisera jamais de trains. Il faut lutter contre cette force de l'habitude."

45 secondes d'attente en moyenne

"En moyenne, le temps d'attente à un passage à niveau est de 45 secondes. Et on est sur une problématique qui est particulièrement liée au comportement des conducteurs", mais aussi "les cyclistes" et "les piétons", a-t-elle assuré.

Selon Anne Lavaud, il est urgent d'agir : "C'est un sujet important. 5% des accidents de la route sont mortels, et c'est déjà énorme ; 50% des accidents lorsqu'il y a une collision entre un train et une voiture sont mortels. Cela veut dire qu'il y a peu de chance de s'en sortir."

Des pays comme l'Allemagne, qui possède de nombreux passages à niveau, ont mis en place des signalétiques plus agressives pour alerter notamment les automobilistes "Il faudrait peut-être des systèmes d'alerte plus en amont du passage à niveau de manière à déclencher un phénomène de vigilance", préconise Anne Lavaud.

En décembre 2017, un car scolaire avait été percuté par un TER à Millas dans les Pyrénées-Orientales provoquant la mort de 6 enfants.

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