Ils ont fait l'actu. Que devient Sandra Chinaud, mère d'un collégien mort dans l'accident de car de Millas ?

Sandra Chinaud, mère d\'un collégien tué dans le car de Millas (Pyrénées-Orientales), le 14 décembre 2017.
Sandra Chinaud, mère d'un collégien tué dans le car de Millas (Pyrénées-Orientales), le 14 décembre 2017. (SEBASTIEN BAER / RADIO FRANCE)

Retour sur le drame de Millas dans les Pyrénées-Orientales. La collision entre un car scolaire et un TER a causé la mort de six enfants le 14 décembre 2017 sur un passage à niveau. Pour leurs parents, la vie s'est arrêtée.

Après cet accident qui a fait six morts et cinq blessés graves, tous des collégiens qui se trouvaient à bord du car percuté par un TER, le 14 décembre 2017, la conductrice affirme qu'elle a franchi le passage à niveau barrières relevées. Témoignage contredit par d'autres conducteurs. Huit mois plus tard, les circonstances n'ont toujours pas été clairement établies. Sandra Chinaud a perdu son fils Teddy, 11 ans : "Ça reste compliqué, les journées restent de plus en plus dures. Il y a l'absence. On est tous déboussolés. Le manque, les images qui nous hantent. C'est difficile de passer à autre chose. Tout nous rappelle nos enfants : se  lever le matin, le petit n'est pas là, se coucher le soir, il n'est pas là. Tout nous ramène à eux tout le temps. Je me suis fait des tatouages, il est avec moi tout le temps mais bon. C'est quelque chose qui me tenait à coeur, je l'emmène partout avec moi."

Ne pas accabler la conductrice

Sandra Chinaud : "Je dis toujours, depuis le départ, la même chose. Il y a plusieurs causes, plusieurs responsabilités, je ne comprends pas que l'on puisse accabler une seule personne. Je pense que c'est tout une suite d'événements qui ont fait que l'on en est arrivé à ce drame. C'est-à-dire le retard du train qui n'avait pas à être là, à ce moment-là et puis après tout un enchaînement."

On sait des choses mais tout n'est pas clair. Il y a beaucoup encore de points d'interrogation dans cette enquêteSandra Chinaudsur franceinfo

Sandra Chinaud veut tout savoir : "De toute manière je ne pourrai pas passer à autre chose sans avoir le résultat final. Pourquoi mon fils a perdu la vie dans de telles conditions en sortant de l'école ? Pourquoi est-il  parti le matin et il ne revient pas ? Je ne veux pas que l'on me cache des choses. Je veux la vérité. Ça peut faire mal mais j'ai besoin de connaîte tout ce qui s'est passé ce jour-là."

L'accompagnement des familles

Sandra Chinaud est suivie : "Je suis suivie et mon fils aussi, j'ai un fils aîné qui a 19 ans, par des psychologues, par des psychiatres, des assistantes sociales. On continue comme on peut." Sandra n'a pas repris le travail : " Pour l'instant j'en suis incapable.J'ai du mal à me projeter, à me dire que je vais retourner au travail comme si rien n'avait changé, c'est encore difficile pour moi. Je dois travailler là-dessus. Je ne sais pas comment ça va se passer quand je vais y retourner."

L'association "À la mémoire de nos anges"

Sandra Chinaud parle de l'avenir de cette association crée en février dernier : "Chez nous, c'est un sujet très délicat. Je suis en désaccord avec cette association qui a été créée par une famille, par rapport à l'utilisation de ce drame. Il y a beaucoup d'événements qui sont créés. Ils utilisent ce drame et tous les enfants pour pouvoir attirer du monde, pour avoir des dons pour leur association. Ce qu'il faut savoir c'est qu'elle ne représente pas toutes les familles, comme eux le disent. Les fonds ne vont pas aux familles, comme sous-entendu parfois. Donc, ça pose problème.

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