Seul un Français sur deux pense qu'être dans l'UE est une bonne chose

Pour les Français, le sentiment que suscite de prime abord l\'UE est avant tout l\'inquiétude (48%), selon un sondage publié le 8 mai 2014.
Pour les Français, le sentiment que suscite de prime abord l'UE est avant tout l'inquiétude (48%), selon un sondage publié le 8 mai 2014. (MAXPPP)

Les plus europhiles sont les sympathisants du MoDem et d'EELV.

A deux semaines des élections européennes, le chiffre fait réfléchir. Seuls 51% des Français sont favorables à l'appartenance de la France à l'Union, une proportion en baisse de 16 points en dix ans, selon un sondage CSA* pour BFMTV et Nice Matin publié jeudi 8 mai.

Pour 42% des Français, cette appartenance est "plutôt une bonne chose", et pour 9% une "très bonne chose". Au contraire, 28% considèrent que c'est "plutôt une mauvaise chose", et 10% une "très mauvaise chose", 11% ne se prononçant pas.

Le scepticisme quant aux bienfaits de l'appartenance de la France à l'Union se manifeste en premier parmi les catégories les moins favorisées, à savoir les ouvriers (30% estimant que c'est une bonne chose). A l'inverse, le soutien est bien plus fort chez les cadres (78%) et les retraités (62%). Dans le détail, les plus europhiles sont les sympathisants du MoDem (81%), devant ceux d'EELV (79%), du PS (73%) et de l'UMP (63%). 

Le sentiment que suscite de prime abord l'Union européenne est, pour près d'un sondé sur deux, l'inquiétude (48%). Seuls 18% des sondés se disent d'abord confiants, et 2% enthousiastes. Il y a dix ans, les "enthousiastes" et les "confiants" représentaient 46% des personnes interrogées. "Si cette confiance s'était déjà amenuisée en 2009, l'enlisement de la crise et le déclenchement de celle des dettes souveraines ont nettement accentué cette baisse", constatent les auteurs de l'étude.

La méfiance des Français s'explique en premier lieu par la crainte des conséquences économiques et sociales de la construction européenne. 70% des sondés disent ainsi avoir peur que la construction européenne n'entraîne davantage de chômage en France, et 63% qu'elle ne réduise la protection sociale. Viennent ensuite la peur qu'il y ait davantage d'immigrés (60%), puis celle qu'"on perde notre identité nationale et notre culture" (52%). Une crainte principalement exprimée par les électeurs de droite, avec 80% des sympathisants UMP et 91% des sympathisants FN qui s'inquiètent de la montée de l'immigration.

*Sondage réalisé du 22 au 24 avril par internet auprès d'un échantillon représentatif de 1 048 personnes de 18 ans et plus selon la méthode des quotas.