Risques de piratages russes pendant la présidentielle française : "On peut imaginer plusieurs types d'intrusions"

Un hacker. (Photo d\'illustration)
Un hacker. (Photo d'illustration) (MAXPPP)

Gérôme Billois, expert en cybersécurité au cabinet Wavestone, a expliqué, jeudi sur franceinfo, que la France restait exposé à des cyber-attaques.

Moscou serait "activement impliquée" dans la campagne électorale en France selon le chef de la commission du renseignement du Sénat américain, Richard Burr. Cette commission se penche, à partir du jeudi 30 mars, sur le rôle joué par la Russie dans l'élection présidentielle aux États-Unis. Invité de franceinfo, Gérôme Billois, expert en cybersécurité au cabinet Wavestone, estime, jeudi, qu'il y a un risque de piratage des partis politiques ou des listes électorales, pour "jeter le trouble pendant les élections".

franceinfo : Quel type de piratage pourrait viser l'élection présidentielle française ?

Gérôme Billois : On peut imaginer plusieurs types d'intrusions. La plus dommageable est celle qui consiste à entrer dans les serveurs des partis, à y récupérer des informations qui peuvent être compromettantes, et à les révéler, ensuite, sur la place publique. Un parti politique, par définition, est quelque chose de très ouvert, encore plus pendant une élection. On va essayer d'avoir plein de partisans qui vont s'ajouter. Il va y avoir beaucoup de discussions, avec beaucoup de personnes en très peu de temps. Dans ces situations, il est difficile de tout contrôler et de s'assurer qu'on n'a pas cliqué sur le mauvais e-mail ou qu'on n'a pas oublié de mettre à jour tel ou tel serveur.

Quels autres serveurs pourraient-être piratés ?

Le vote électronique est peu répandu en France. Il n'y a donc pas forcément de crainte à ce niveau-là. Le risque est par rapport aux listes électorales. On pourrait imaginer des pirates qui, pour déstabiliser l'élection, pourraient avoir la tentation de modifier les listes électorales, de faire que les noms, les prénoms ne correspondent plus. Au moment du vote dans les bureaux, il y aurait une certaine désorganisation, ce qui pourrait jeter le trouble pendant les élections.

Comment faire pour se prémunir d'éventuelles attaques ?

L'État est mobilisé, via l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information. Il a sensibilisé les partis. Aujourd'hui, un processus spécifique a même été mis en œuvre. En cas de doute dans un parti, il peut requérir l'aide des services de l'État, sachant que c'est toujours compliqué car on parle d'une élection, de secrets de campagne. C'est pour ça que l'État ne peut pas intervenir directement. Il y a un processus qui passe par un dépôt de plainte et par la commission nationale au niveau des élections, pour que l'État puisse appuyer les partis en cas de doute.

"On pourrait imaginer des pirates qui, pour déstabiliser l'élection, pourraient avoir la tentation de modifier les listes électorales", Gérôme Billois
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