Régionales : l'éviction de Nathalie Kosciusko-Morizet en quatre actes

Nathalie Kosciusko-Morizet et Nicolas Sarkozy, le 7 novembre 2015 à Paris.
Nathalie Kosciusko-Morizet et Nicolas Sarkozy, le 7 novembre 2015 à Paris. (WITT / SIPA)

La numéro 2 des Républicains, qui a publiquement critiqué la stratégie du "ni PS, ni FN" de Nicolas Sarkozy, ne fera pas partie de la nouvelle direction des Républicains, qui verra le jour en janvier 2016.

Leurs désaccords ont fini par avoir des conséquences. Lundi 14 décembre, au lendemain des élections régionales qui ont moins bien réussi que prévu à la droite, l'avenir de Nathalie Kosciusko-Morizet au sein des Républicains a été remis en question, sa possible éviction de la direction du parti étant évoquée à la sortie du bureau politique. Francetv info revient sur les étapes de cette probable séparation

Acte 1. Un commentaire acerbe au soir du second tour

Au lendemain du premier tour déjà, Nathalie Kosciusko-Morizet avait fait entendre sa différence, alors qu'elle était sur la sellette depuis plusieurs semaines. Après que Nicolas Sarkozy a refusé de demander aux candidats des Républicains de se désister au profit des candidats socialistes pour faire barrage au FN, NKM a clairement fait connaître son opposition à cette ligne.

Une semaine plus tard, elle a enfoncé le clou le soir du second tour. Quelques instants après l'annonce de la victoire de Xavier Bertrand en Nord-Pas-de-Calais-Picardie et de Christian Estrosi en Paca, tous deux élus avec le soutien de la gauche, elle s'en prend sur TF1 à la stratégie du "ni-ni" (ni fusion, ni retrait) de Nicolas Sarkozy : "Si les électeurs avaient appliqué le ni-ni, nos candidats dans le Nord-Pas-de-Calais et en région Paca auraient été battus".

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Acte 2. Une éviction annoncée en bureau politique

Dès le lendemain, au cours d'un bureau politique consacré à l'analyse du résultat des régionales, Nicolas Sarkozy réagit. A la sortie de la réunion, des participants affirment que le président des Républicains a prévu de mettre en place une nouvelle direction du parti "en janvier". Et que NKM, jusqu'ici vice-présidente déléguée, en serait écartée.

Acte 3. NKM évoque une méthode "stalinienne"

A peine son éviction commence-t-elle à fuiter que Nathalie Kosciusko-Morizet fait part de sa colère. Devant le siège des Républicains, lors du bureau politique, elle fait des déclarations visant directement Nicolas Sarkozy : "Il est d'ailleurs curieux, au moment où on annonce un débat sur la ligne, de penser évincer ceux qui ne sont pas d'accord. Croire que le parti se renforce en s'épurant, c'est une vieille idée stalinienne. Moi, je crois que le parti se renforce en débattant."

Acte 4. Sarkozy ne confirme pas, mais...

Devant des journalites, Nicolas Sarkozy ne fournit aucune réaction à l'éviction annoncée de NKM. L'ancien président de la République ne confirme pas la mise à l'écart de son ex-porte parole de campagne. Il évoque en revanche cette fameuse nouvelle direction qui verra le jour en janvier : "Une direction resserrée" autour de lui, "avec un souci de fond et de cohérence".

On comprend toutefois que la numéro 2 des Républicains est directement visée par ce remaniement à venir quand Nicolas Sarkozy déclare : "On préfère que les responsables du mouvement expliquent les positions du mouvement et pas autre chose."

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