"Plus on va à droite, plus on fait monter le FN" : Estrosi prend ses distances avec Sarkozy

Le président du parti Les Républicains, Nicolas Sarkozy, et Christian Estrosi, le maire de Nice, le 2 juillet 2015 à Chateaurenard (Bouches-du-Rhône).
Le président du parti Les Républicains, Nicolas Sarkozy, et Christian Estrosi, le maire de Nice, le 2 juillet 2015 à Chateaurenard (Bouches-du-Rhône). (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Vainqueur des régionales en Provence-Alpes-Côte d'Azur, Christian Estrosi affiche son désaccord avec la ligne de Nicolas Sarkozy.

Il change de stratégie. Auteur de déclarations polémiques sur l'Islam, les gens du voyages ou le droit de vote des étrangers, Christian Estrosi a estimé mardi 15 décembre dans une interview à Paris Match que "plus on va à droite, plus on fait monter le FN". Une prise de position inatendue qui l'éloigne du même coup de Nicolas Sarkozy, le président du parti Les Républicains, quelques jours après sa victoire aux régionales en Provence-Alpes-Côte d'Azur. 

"Au soir du premier tour, j'ai décidé de faire campagne sur le thème de la 'résistance' face au Front national. Je n'ai pas adopté, comme le voulait Nicolas Sarkozy, la ligne du 'ni-ni'", indique le nouveau président de la région Paca, précisant "faire une différence entre le Parti socialiste et le Front national, qui est un mouvement sectaire et nauséabond", alors que des élus PS "m'ont, ici, apporté un soutien sans faille et sans contrepartie".

"Je préfère chasser le Front national du terrain"

"Nicolas Sarkozy est un ami, je le respecte. Mais contrairement à lui, je ne pense pas que nous, élus Républicains, devions tenir un discours toujours plus à droite. Plus on va à droite, plus on fait monter le FN", poursuit Christian Estrosi qui, "plutôt que chasser sur le terrain du Front national préfère chasser le Front national du terrain".

Le député-maire de Nice, qui regrette que Les Républicains "n'aient pas su collectivement donner une bonne image", s'est abstenu de participer au bureau politique de LR lundi et à la réunion du groupe LR à l'Assemblée nationale mardi "pour ne pas participer à un débat à chaud, rentrer dans les jeux des petites phrases".

"Si les électeurs avaient adopté la ligne du ni-ni, cela aurait été la débacle"

Estrosi est également critique sur l'éviction de Nathalie Kosciusko-Morizet de la direction du parti. "J'attendais de Nicolas Sarkozy un message d'unité et de rassemblement et des mots qui apaisent. Ces décisions sur l'organisation interne du parti sont prématurées. Ne pouvions-nous attendre le conseil national de février ?", se demande-t-il en proposant d'avancer la primaire à droite au printemps.

Arrivée en deuxième position au premier tour, 14 points derrière la liste FN de Marion Maréchal-Le Pen, Christian Estrosi a remporté la région au deuxième tour après le retrait de la liste PS arrivée troisième en s'adressant à la gauche à laquelle il a donné des gages pour l'avenir. "Si les électeurs avaient adopté la ligne du ni-ni, Xavier Bertrand et moi-même n'aurions pas été élus. Il y aurait aujourd'hui une Le Pen élue dans le Nord et une Le Pen élue dans le Sud, a-t-il souligné. Cela aurait été la débâcle". 

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