Que disent les unes de la presse européenne au lendemain des élections ?

Les titres de la presse italienne au lendemain des élections européennes, le 27 mai 2019. 
Les titres de la presse italienne au lendemain des élections européennes, le 27 mai 2019.  (MIGUEL MEDINA / AFP)

En France et chez nos voisins allemands, italiens, britanniques et espagnols, les quotidiens font notamment leurs gros titres sur la poussée de l'extrême droite et des écologistes.

L'heure est au bilan, au lendemain des élections européennes qui se sont déroulées du 23 au 26 mai dans les 28 pays de l'Union européenne. Si les grands partis qui dominent traditionnellement le Parlement ont subi des pertes importantes, ils réussissent toutefois à contenir la poussée populiste de droite. De leur côté, les écologistes et centristes libéraux enregistrent une nette progression. Tour d'Europe des principaux titres de presse du lundi 27 mai. 

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En France

Dans l'Hexagone, le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen est arrivé en tête, devant la liste soutenue par le président Emmanuel Macron. Ce premier rendez-vous électoral depuis la présidentielle de 2017 confirme que le paysage politique français est maintenant structuré par l'affrontement entre le RN et LREM. "Macron installe le duel avec Le Pen", titre ainsi Le Figaro, tandis que Le Parisien illustre sa une intitulée "Le big bang continue" par un face à face entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. 

Libération salue de son côté la surprenante troisième place décrochée par les écologistes, emmenés par Yannick Jadot. "Une couleur verte, comme l'espérance... C'est le trait le plus net – et le plus rassurant – de ce scrutin européen", estime le quotidien dans son éditorial. 

En Italie 

Les élections de l'autre côté des Alpes positionnent la Ligue, parti d'extrême droite dirigé par Matteo Salvini, en position de force. Cette formation a remporté les élections, loin devant son partenaire de coalition, le Mouvement 5 Etoiles. Le rapport de forces déjà très déséquilibré en faveur de la Ligue est désormais acté, et devrait donner davantage d'autorité au ministre de l'Intérieur au sein du gouvernement. Une perspective redoutée par la Repubblica, qui titre sur une "ombre noire"

La Stampa, elle, titre sur le "boom" de la ligue et "l'effondrement" du Mouvement 5 Etoiles. 

En Allemagne 

Outre-Rhin, la coalition CDU-CSU de la chancelière Angela Merkel se maintient dans la position de première force politique du pays. Elle est suivie par les Verts, qui continuent leur percée, suivis par le SPD et le parti d'extrême droite AfD. "Les Verts sont pour la première fois le deuxième parti le plus fort", titre la Süddeutsche Zeitung, un des trois plus grands quotidiens du pays.   

Die Welt dédie également sa une au triomphe des Verts, qui ont réuni plus de 20% des suffrages et qui devraient obtenir 21 sièges au Parlement européen. 

En Espagne 

Le grand vainqueur des élections européennes en Espagne est Pedro Sanchez, le chef du gouvernement socialiste. Le pays, épargné par la poussée eurosceptique, est ainsi le seul grand Etat de l'UE où les socialistes arrivent en tête.

Les élections européennes avaient lieu en même temps, en Espagne, que les élections régionales et municipales. Les socialistes sont arrivés en tête dans la plupart des régions en jeu, mais ils ne sont finalement pas parvenus à faire basculer à gauche celle de Madrid, gouvernée par le droite depuis vingt-quatre ans. "Le PSOE s'impose dans les élections mais les droites remportent Madrid", titre El País en ce lundi matin.

"Les urnes mesurent la force du PSOE et le leadership de la droite", titre également El Mundo

Au Royaume-Uni 

"Farage humilie les Tories lors du scrutin européen" : c'est une photo d'un Nigel Farage radieux qui fait la une du Daily Telegraph. Son Brexit Party est le grand vainqueur des européennes outre-Manche : il a recueilli 31,71% des voix et décroché 29 sièges. Le parti libéral-démocrate, de centre-gauche, est arrivé en deuxième position, en ayant réussi à rassembler les électeurs europhiles. Suivent les travaillistes du Labour dirigés par Jeremy Corbyn. 

Loin derrière, en quatrième position, les conservateurs de Theresa May essuient une défaite cinglante en ne recueillant que 8,71% des votes, pour seulement quatre sièges. "Les Tories et le Labour taillés en pièces par les électeurs, qui se sont vengés du Brexit", titre The Guardian. Les conservateurs au pouvoir tout comme les travaillistes font les frais de leur incapacité à mettre en œuvre la sortie de l'UE. 

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