"Notre vote n'est pas un vote d'adhésion" : des électeurs de Macron lui remettent plus de 34 000 "deuxièmes bulletins"

Une affiche d\'Emmanuel Macron à Paris, le 6 mai 2017, à la veille du second tour de l\'élection présidentielle.
Une affiche d'Emmanuel Macron à Paris, le 6 mai 2017, à la veille du second tour de l'élection présidentielle. (ALEXANDROS MICHAILIDIS / AFP)

Lancé par un opposant à la loi Travail dans l'entre-deux-tours, un site permet à ceux qui ont voté Emmanuel Macron pour battre le FN d'adresser un message au nouveau président sur des sujets comme l'environnement ou le droit du travail.

Au lendemain de la large victoire d'Emmanuel Macron au second tour de l'élection présidentielle, certains de ses plus de 20 millions d'électeurs veulent déjà lui adresser un message. Les initiateurs du site Le deuxième bulletin ont remis physiquement au porte-parole d'En marche !, Benjamin Griveaux, lundi 8 mai, les messages adressés au nouveau président par plus de 34 000 utilisateurs de cette plateforme destinée à ceux qui n'ont voté pour lui que pour faire barrage au FN.

Lancé dans l'entre-deux-tours, le 2 mai, le site s'adresse aux électeurs prêts à voter pour le candidat d'En marche ! pour faire barrage à Marine Le Pen, tout en s'inquiétant de son programme. "Nous disons à Emmanuel Macron que notre vote n’est pas un vote d’adhésion", explique un texte en forme de profession de foi.

Une initiative destinée à "anticiper ce quinquennat"

Les électeurs qui souhaitent envoyer un "deuxième bulletin" peuvent demander au nouveau président de défendre une liste de propositions, comme le "droit à un revenu décent", "la lutte contre les changements climatiques" ou encore le fait de protéger la vie politique "des intérêts économiques".

Avant d'être remis physiquement au porte-parole du président, les messages étaient déjà envoyés par mail à son équipe de campagne. Lundi, les initiateurs du site ont remis à Benjamin Griveaux une urne remplie de ces bulletins imprimés. "C'est une belle opération de com", a réagi ce dernier, assurant qu'Emmanuel Macron avait entendu "qu'il y avait des Français qui ont voté pour lui et qui n'avaient pas porté leurs suffrages sur sa personne au premier tour".

A l'orgine de cette initiative, l'organisation Open France, dirigée par Elliot Lepers, un jeune militant qui avait déjà participé à l'élaboration d'une pétition contre la loi Travail. Avec ce nouveau site, il expliquait à RTL vouloir "parler à tous les indécis" pour les convaincre de voter contre Marine Le Pen, mais surtout "anticiper ce quinquennat" et mettre en place "une opposition constructive".