L'humoriste Pierre-Emmanuel Barré décide de quitter France Inter après que Nagui lui a refusé une chronique sur l'abstention

Pierre-Emmanuel Barré, dans une chronique publiée sur sa page Facebook, mercredi 26 avril.
Pierre-Emmanuel Barré, dans une chronique publiée sur sa page Facebook, mercredi 26 avril. (PIERRE-EMMANUEL BARRE / FACEBOOK)

Il avait une chronique hebdomadaire dans l'émission "La Bande Originale". "Ce n'est pas de la censure, surtout par rapport à la vraie censure qui risque d'arriver si Le Pen passe", a répondu Nagui, l'animateur de l'émission.

"On a gagné ! Eh oui, 10 millions d'abstentionnistes, premier parti de France !" Sur sa page Facebook, l'humoriste Pierre-Emmanuel Barré a diffusé, mercredi 26 avril, un sketch en faveur de l'abstention, qui avait été refusé par France Inter. Joint par Le Parisien, l'humoriste, connu pour ses sketchs très crus, a indiqué qu'il quittait l'émission de Nagui "La Bande Originale", où il intervient le mercredi avec une chronique hebdomadaire.

"Quand on me demande de ne pas faire une chronique, je démissionne, a expliqué Pierre-Emmanuel Barré au quotidien. Je n'aime pas être censuré. Là, trente minutes avant ma chronique, ils n'étaient pas d'accord avec l'idée générale. Pourtant, j'ai fait bien pire." La vidéo de ce sketch refusé à l'antenne a été vue plus de 3 millions de fois, jeudi matin.

"Qu'il encourage l'abstention, c'est faire le jeu du FN", selon Nagui

Interrogé par Le Parisien, Nagui, animateur et producteur de l'émission, a donné une autre version. "Sur le coup, je lui ai simplement dit qu'il n'était pas clair sur l'abstention. Qu'il casse Macron ou Le Pen, OK. Mais qu'il encourage l'abstention, c'est faire le jeu du FN. Mais il a préféré ne pas venir à l'antenne. Après l'émission, je lui ai finalement proposé de faire sa chronique demain (jeudi 27 avril) sans changer une ligne. Et moi, j'aurais ajouté un mot pour dire d'aller voter. Au lieu de ça, il a préféré le faire sur internet. Libre à lui".

"Ce n'est pas de la censure, surtout par rapport à la vraie censure qui risque d'arriver si Le Pen passe", a ajouté l'animateur. "Nagui a été interloqué par la chronique car il a trop longtemps été victime du racisme ! Mais, chez nous, les chroniqueurs ont une liberté absolue", a assuré Laurence Bloch, la directrice de France Inter, également au Parisien. "C'est regrettable et dommage de démissionner dans la presse... J'espère pouvoir lui parler demain [jeudi]", a-t-elle ajouté.

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