Indonésie : la question de l'islam au coeur de l'élection présidentielle

Le président sortant Joko Widodo, favori, est opposé à l\'ex-général Prabowo Subianto. 
Le président sortant Joko Widodo, favori, est opposé à l'ex-général Prabowo Subianto.  (SONNY TUMBELAKA / AFP)

Les Indonésiens votent ce mercredi pour choisir entre le président sortant Joko Widodo et Prabowo Subianto, un ancien général de l’armée. Et dans le premier pays à majorité musulmane au monde, chacun se sert de l'identité religieuse comme un ressort politique. 

En Indonésie, quatrième pays le plus peuplé au monde, 192 millions d’électeurs sont appelés aux urnes mercredi 17 avril pour la présidentielle entre Joko Widodo, le président sortant, et Prabowo Subianto, un ancien général de l’armée.

Joko Widodo favori

L’affiche électorale entre les deux hommes est la même que lors du scrutin précédent il y a cinq ans, lorsque Joko Widodo l’avait emporté avec 53% des suffrages. À en croire les premières estimations, le président sortant serait à nouveau le mieux placé pour remporter ce scrutin et accéder à un second mandat.

"J’ai pu constater le résultat de son travail, notamment de ses projets d’infrastructures. Et j’ai surtout pu voir sa générosité à l’égard du peuple et pour moi c’est cela qui est de loin le plus important", explique Rika Hilari une étudiante en médecine de 21 ans qui votait pour la première fois, comme près d'un tiers des électeurs.

Mohamad Irfan, 41 ans, a choisi, lui de donner sa voix à  l’ancien général Prabowo Subianto : "J’ai entendu beaucoup de prêches en faveur de Prabowo Subianto. Ils disent qu’en tant qu’Indonésien et en tant que membre de la communauté musulmane il faut le choisir lui. Alors moi je suis ce que disent les oulémas", affirme-t-il.

Radicaux contre conversateurs 

Dans le premier pays à majorité musulmane au monde, la question de l'islam a joué un rôle central dans cette campagne. Le poids des radicaux n’a cessé de progresser ces dernières années dans l’archipel et ils se sont massivement ralliés à l’adversaire du président sortant. Pour donner le change, Joko Widodo a lui fait le pari d’un colistier musulman très conservateur. Quitte à offrir aux religieux un trône au sommet de l’État.

 

Le reportage de Joël Bronner avec des électeurs à Jakarta
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