Affaire Théo : à deux mois de l'élection présidentielle, l'Élysée tente d'éviter le scénario catastrophe

(STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Une dizaine de jours après l'interpellation violente de Théo à Aulnay-sous-Bois et à deux mois de l'élection présidentielle, l'Élysée tente à tout prix d'éviter un nouvel embrasement des banlieues comme en 2005.

Tenir, garder la tête froide : le gouvernement multiplie les appels au calmes alors que les incidents prennent de l'ampleur, une dizaine de jours après la violente arrestation de Théo à Aulnay-sous-Bois. A droite, plusieurs voix réclament l'interdiction pure et simple des manifestations de soutien, tandis que le Front national dénonce la "passivité" de l'exécutif qui aurait "peur". Et pour cause : le souvenir de l'embrasement des banlieues en 2005 est dans tous les esprits. Un scénario catastrophe à deux mois de la présidentielle...

Officiellement, une "extrême vigilance"

A l'Élysée comme à Matignon, on assure garder la tête froide : officiellement, pas de panique mais une "extrême vigilance". "Des manifs qui dégénèrent, on a déjà connu ça lors du quinquennat", relativise l'entourage du Premier ministre, qui "se répartit les rôles", dit-on, avec le Président. Le ministre de l'Intérieur, Bruno Le Roux, n'a pas disparu des radars et "fait le boulot", notamment la promotion des caméras piéton, pour filmer les contrôles d'identité. Le sujet, c'est le "respect": les violences des policiers comme des émeutiers sont condamnées.

François Hollande "s'exprime, s'expose"

Au chevet de Théo la semaine dernière, François Hollande est ce mardi 14 février à Aubervilliers pour parler de l'emploi des jeunes. Jeudi, à Rennes, il abordera le sujet de la politique de la ville. Il rencontrera enfin des policiers à Dreux et Chartres vendredi. Un proche conseiller s'étonne : "Mais que font Benoît Hamon et Emmanuel Macron ? On est peut-être à un tournant de la campagne et ils sont apathiques. Loin du ballon, alors que Marine Le Pen est hyper offensive. Ils veulent vraiment être président, les mecs ? Parce que s'ils ont déjà peur de gagner..." La peur serait donc dans leur camp, pas dans celui du Président. Lui, "s'exprime, s'expose", n'ayant... "plus rien à perdre".

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