Présidentielle : "Notre système de parrainage n'a pas tous les défauts"

Aux termes d\'une loi d\'avril 2016, le Conseil constitutionnel rend publics pour la première fois, à raison de deux listes par semaine, les noms des élus acceptant de parrainer des candidats.
Aux termes d'une loi d'avril 2016, le Conseil constitutionnel rend publics pour la première fois, à raison de deux listes par semaine, les noms des élus acceptant de parrainer des candidats. (MAXPPP)

Alors que certains candidats peinent à réunir les 500 signatures nécessaires pour se présenter à la présidentielle, le politiologue Pascal Perrineau défend ce système de parrainage. 

Selon le dernier décompte officiel du Conseil constitutionnel le 10 mars, sept candidats à l'élection présidentielle ont franchi le cap des 500 parrainages. Pour d'autres, il est plus difficile de rassembler le minimum requis de signatures. Sur franceinfo dimanche 12 mars, Pascal Perrineau, politologue, spécialiste de la sociologie électorale et professeur à Sciences Po, estime que le système actuel de parrainage présente quand même des avantages.

franceinfo : le système de parrainage est-il obsolète ?

Pascal Perrineau : On ne peut pas imaginer que n'importe quel candidat, sans aucun parrainage, puisse se présenter à l'élection présidentielle. Dès le début de la Ve République, le général de Gaulle avait instauré un filtre, moins important d'ailleurs qu'aujourd'hui, avec 100 parrainages minimum d'élus locaux. Et puis en 1976, on a monté le seuil à 500 signatures dans 30 départements minimum afin d'éviter les candidatures à enracinement locale. Aujourd'hui, cela permet de filtrer les candidats "hurluberlus" comme les appelait à l'époque le général de Gaulle. Mais surtout, cette base de parrainages permet d'avoir une représentativité. Les candidats représentent ainsi plus qu'eux-mêmes. Ils ont derrière eux des élus profondément enracinés dans le terroir français. Pour autant, est-ce trop ? Faudrait-il baisser le nombre de parrainages minimum ? Certains disent qu'il faut au contraire le monter ou alors donner la capacité de parrainer les candidats aux électeurs et non plus aux élus locaux.

Obtenir les 500 signatures permet-il pour autant les moyens de mener une campagne présidentielle sans machine ou parti politique derrière?

Non, bien-sûr. Depuis 1965, il y a toujours eu des "petits" candidats qui n'avaient pas les moyens et les appareils pour faire campagne comme les "grands" candidats. Ils peuvent faire essentiellement campagne dans les médias. Et n'oublions pas que tous les candidats à l'élection présidentielle ont le droit au même temps de parole quel que soit leur poids.

Y a-t-il d'autres systèmes qui pourraient être intéressants pour la France ?

Oui, on pourrait demander à quelques centaines de milliers d'électeurs de soutenir les candidats à l'heure où les appareils politiques qui encadrent les élus sont en crise. Aux États-Unis par exemple, il y a des élections primaires et la légitimité de certains candidats est quand même remise en cause. Donc notre système actuel de parrainage n'a peut-être pas tous les défauts.

Présidentielle : "Notre système de parrainage n'a pas tous les défauts", analyse le politologue Pascal Perrineau
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