"Qu'il revienne !" ou "On n'en veut pas !"... Au Havre, supporters comme adversaires attendent Edouard Philippe de pied ferme

Le hall de l\'Hôtel de ville du Havre, dimanche 28 mars à l\'annonce des résultats du deuxième tour des municipales 2020.
Le hall de l'Hôtel de ville du Havre, dimanche 28 mars à l'annonce des résultats du deuxième tour des municipales 2020. (SAMEER AL-DOUMY / AFP)

Au Havre, Edouard Philippe offre à la majorité sa seule victoire forte du second tour. A l'annonce des résultats des municipales 2020, ses électeurs et ses opposants étaient réunis à l'Hôtel de ville.

Cette victoire d'Edouard Philippe au Havre, au deuxième tour des municipales 2020, Emmanuel Macron lui-même l’a qualifiée de belle quand il a appelé son Premier ministre pour le féliciter, dimanche 28 mars. Cet acte de confiance mérite d’être pris très au sérieux, a déclaré Edouard Philippe devant ses supporters. Il n’est fallait pas pour faire rêver ses soutiens havrais à un retour dans les tous prochains jours. "Moi, je veux qu'il revienne", lance cette femme. "Qu'il revienne chez nous   enchaîne un supporter, enthousiaste. On a encore besoin de lui. Il a commencé beaucoup de choses. On l'a appelé là-bas, il a rempli une mission, maintenant, il va venir terminer ce qu'il a commencé au Havre !"

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Le résultat est net : Edouard Philippe est réélu avec 58,83% des suffrages au deuxième tour des élections municipales 2020. Premier ministre, Edouard Philippe est populaire, et le voilà relégitimé dans son fief et renforcé à Matignon. De quoi compliquer la tâche d’Emmanuel Macron s’il veut se séparer de son chef du gouvernement. L’opinion publique ne comprendrait son renvoi, plaident ses amis. Ici, la base pense pourtant que c’est au contraire le bon moment pour rompre. "Moi, j'ai l'impression que leur temps est fini, se réjouit une de ses électrices. Cela aurait été moins simple au deuxième tour en mars pour lui, ici. Il a été rendu visible et lisible par la crise du Covid, il a été exceptionnel. Cela a prouvé sa dimension. Je pense qu'Edouard va revenir ici faire de belles choses et puis qu'après, il a un destin national qui l'attend : la prochaine présidentielle. Il a la stature d'un homme d'Etat. Pour lui, c'est le timing parfait, il a les planètes qui s'alignent !"

"Il a toujours été vide, son siège !"

Mais ses soutiens ne sont pas les seuls à attendre Edouard Philippe de pied ferme. "On ne le veut pas comme maire, on ne le veut pas dans notre ville… On ne le veut pas tout court. On saura l'accueillir très très bien… Mais pas à son goût, je pense."

Dans le hall de l’Hôtel de ville, dimanche soir, Edouard Philippe a été conspué par les militants de son adversaire, Jean-Pierre Lecoq, au cri de "Edouard, ta gueule, on n'en veut pas !" Des gilets jaunes ont été brandis. Dans le camp de l’opposition, on parie qu’il restera à Matignon tout en le dénonçant par avance. "De toutes les façons, il a toujours été vide, son siège ! Ce sera un fantôme. Il dit qu'il est fier de sa ville mais il n'est jamais là", estime une opposante. "Il a un nouveau surnom, avance une autre. Casper le fantôme."

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