Municipales à Paris : Gaspard Gantzer estime qu'il y a "encore du chemin" avant de se rapprocher de Cédric Villani

Gaspard Gantzer en mars 2019.
Gaspard Gantzer en mars 2019. (ALEXIS SCIARD / MAXPPP)

Invité de franceinfo, dimanche, le candidat indépendant explique "parler avec tous les hommes et les femmes de bonne volonté" dans l'éventualité d'alliances au deuxième tour. 

Candidat indépendant à la mairie de Paris, Gaspard Gantzer n'écarte pas un rapprochement avec Cédric Villani, mais estime que "la balle est dans son camp", dimanche 1er septembre sur franceinfo. Depuis l'investiture de Benjamin Griveaux pour être le candidat de LREM aux municipales, Cédric Villani n'a pas renoncé et doit annoncer mercredi qu'il sera lui aussi candidat. Avec son mouvement "Parisiennes, Parisiens", assure "parler avec tous les hommes et les femmes de bonne volonté". L'ancien conseiller en communication de François Hollande confirme qu'il a "vocation à construire une majorité avec les Verts". Mercredi, Isabelle Saporta, alliée à Gaspard Gantzer dans la campagne des municipales, avait assuré souhaiter "gouverner" Paris avec EELV.

franceinfo : Est-ce que ces dissensions au sein de La République en marche entre Benjamin Griveaux, désigné candidat, et Cédric Villani, qui doit annoncer mercredi sa candidature, font vos affaires ?

Gaspard Gantzer : Je pourrais m'en réjouir ou en sourire, mais en fait ça me chagrine, parce que dans l'élection d'Emmanuel Macron en 2017 il y avait la promesse d'un grand renouvellement, de faire de la politique autrement. Et là, j'ai l'impression de vivre un mauvais remake de l'affrontement entre Tiberi et Seguin en 2001. La droite s'était déchirée en deux. Là, de nouveau, la droite et le centre se déchirent. D'un côté, Griveaux, le candidat officiel, de l'autre côté, Villani, le candidat officieux. Et pendant ce temps-là on parle beaucoup de questions d'appareil mais très peu des Parisiens. 

Est-ce que cette division peut à votre avis vous rapporter des voix ?

Il ne faut jamais faire de calcul cynique ni se réjouir du malheur des autres. En revanche, ce qui est certain, c'est que ce duel fratricide interne à La République en marche ne fait pas envie. J'espère que les Parisiennes et les Parisiens de bonne volonté seront plutôt convaincus par notre offre politique. Ça fait deux ans qu'on laboure le terrain, qu'on parle de la vie quotidienne des gens, de sécurité, de propreté, de logement, de transports, de la construction du Grand Paris. On est dans notre couloir et on cherche juste à rassembler, sans faire de mécano institutionnel ni s'entredéchirer avec des concurrents.

Vous avez rencontré cette semaine Cédric Villani. Vous êtes dit que vous pourriez passer une alliance avec lui ?

Je lui ai dit que je trouvais que sa démarche était intéressante, même s'il ne m'a pas dit qu'il était candidat. C'est quelqu'un d'extrêmement sympathique, généreux. Après, je lui ai dit aussi qu'il fallait qu'il sache comment est-ce qu'il se positionnait. Est-ce qu'il est avec Macron, est-ce qu'il est contre Macron ? Est ce qu'il est dans La République en marche, est-ce qu'il n'est pas dans La République en marche ? Et il n'était pas très clair sur ce point. Et deuxièmement, je lui ai dit que pour se rapprocher, peut être au deuxième tour s'il va jusqu'au bout de sa démarche, il fallait quand même être d'accord sur des idées, le logement, le transport, la fiscalité, etc. Et puis surtout, savoir avec qui on fait de la politique. Et quand j'ai entendu dire que, comme Benjamin Griveaux, il chassait sur les terres de la droite et qu'il essayait de récupérer le soutien de certains vieux maires d'arrondissement qui sont là depuis 25 ans, je me suis dit qu'il y avait encore du chemin à faire pour qu'on puisse se rassembler un jour.

Donc, pas d'alliance à attendre entre vous et Cédric Villani ?

Moi, je vais continuer de lui parler parce que je cherche à parler avec tous les hommes et les femmes de bonne volonté, mais finalement, la balle est dans son camp. Et après, la campagne va être longue. S'il va jusqu'au bout et qu'il présente des listes au premier tour de façon autonome, peut-être qu'on pourra se retrouver plus tard, au deuxième ou au troisième tour. Vous savez qu'il y a un troisième tour de scrutin une fois que le Conseil de Paris est élu. Mais il y a encore beaucoup de chemin.

Vous allez aller jusqu'au bout ? Il y aura des bulletins de vote de votre mouvement "Parisiennes, Parisiens" le 15 mars pour le premier tour des municipales ?

Quand je me suis lancé dans cette bataille, je me suis évidemment dit que je le faisais pour aller jusqu'au bout. Plus les jours passent, plus notre détermination augmente, avec Isabelle Saporta avec qui je forme un tandem. Pourquoi ? Parce qu'on voit bien que les autres sont en train de s'entredéchirer sur des questions politiciennes et qu'ils ne parlent pas des Parisiennes et des Parisiens. Quoi qu'il arrive, même si c'est un combat difficile, même si nous sommes des outsiders, on ira jusqu'au bout, on travaillera deux fois plus que les autres, on ira deux fois plus à la rencontre des Parisiennes et des Parisiens. On ne sera jamais dans les concessions, on ne sera jamais dans les arrangements électoraux. Vous savez on n'est pas très gros pour l'instant mais on grossit chaque jour. On est plus de 2 000 et surtout on est incorruptibles. On ne sera jamais acheté par qui que ce soit.

Isabelle Saporta souhaite "gouverner" Paris avec David Belliard, le candidat des Verts. Il peut y avoir une alliance avec les Verts ?

Les Verts vont y aller sous leurs propres couleurs au premier tour, nous aussi. Et puis, peut-être qu'au deuxième tour, on pourra se retrouver. Isabelle Saporta a eu raison de dire qu'on avait vocation à construire une majorité avec les Verts. Après il faut que, de leur côté, ils s'affranchissent de la majorité municipale actuelle parce qu'ils ont gouverné avec Anne Hidalgo au cours des dernières années. Anne Hidalgo a échoué sur la vie quotidienne des Parisiens. Les logements sont de plus en plus rares et de plus en plus chers.

Le logement, ce sera un des plus grands thèmes de votre campagne? 

C'est la priorité des priorités. On ne peut pas dire aux classes moyennes et aux classes populaires : circulez, il n'y a rien à voir, allez vivre ailleurs! Paris est une ville qui doit être ouverte aux classes moyennes, ouverte aux classes populaires, ouverte aux jeunes. Beaucoup ont eu l'occasion d'y construire leur vie depuis des siècles, il faut que Paris reste cette ville ouverte à la jeunesse de France et du monde entier.

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