"Maintenant, qu’il mette ses capacités et son énergie au service du Havre, mais dans la bonne direction" : Edouard Philippe attendu au tournant par ses rivaux

Edouard Philippe célèbre un mariage au Havre (Seine-Maritime) durant la campagne municipale, le 20 juin 2020.
Edouard Philippe célèbre un mariage au Havre (Seine-Maritime) durant la campagne municipale, le 20 juin 2020. (CHRISTOPHE PETIT TESSON / POOL / MAXPPP)

Deux jours après son départ de Matignon, c’est dimanche matin qu’Edouard Philippe redevient officiellement maire du Havre. Ses proches l’assurent, c’est un maire consacré à 100% à sa ville qui prend ses fonctions, même si ses opposants lui prêtent déjà de nouvelles ambitions nationales.

Il est heureux, Edouard Philippe ! Il ne le dira pas lui-même, même lorsqu'on lui pose la question à la sortie d’une réunion avec son équipe municipale. "Je suis surtout heureux que vous, les journalistes, soyez présents, vous allez pouvoir profiter de la ville, c’est formidable", lance-t-il en souriant.

>> Remaniement : quel avenir pour Edouard Philippe après son départ du gouvernement ?

Deux jours après avoir quitté Matignon, Édouard Phillippe sera élu dimanche 5 juillet maire du Havre (Seine-Maritime) à l'issue du conseil municipal qui se réunit dans la matinée à l’Hôtel de Ville. L'ancien locataire de Matignon s'apprête donc à retrouver le siège qu'il a occupé entre 2010 et 2017. Un retour heureux explique son entourage. D'ailleurs, la députée Agnès Firmin-Le Bodo, numéro 2 de la liste du candidat Philippe, le répète à qui veut l’entendre depuis son départ de Matignon vendredi : "Il a toujours dit que le mandat de maire était le plus beau des mandats, que ses tripes avaient le goût d’eau salée et qu’il aimait profondément sa ville."

C'est un maire du Havre heureux que nous allons retrouverLa députée Agnès Firmin-Le Bodoà franceinfo

Heureux, peut-être, mais plus libéral que jamais, attaque son opposant numéro un, le communiste Jean-Paul Lecocq. "Quand je l’ai quitté il était gaulliste avec un petit peu de social. Mais depuis il a été gangrené par le macronisme avec tout ce que cela veut dire derrière, de mauvais coups pour le peuple français, pour la société française, pour servir la grande finance", dénonce le candidat battu du second tour, qui s'interroge : "Dans quel état va-t-il revenir au Havre ? Est-ce qu’il va revenir dans cet esprit-là ?" Et le finaliste des municipales, remportées par l'ex Premier ministre avec plus de 58% des voix, se demande surtout si cet attachement viscéral au Havre souvent clamé par son adversaire, est vraiment plus fort que son ambition personnelle. 

La question qui peut se poser maintenant c’est, il revient mais pour combien de temps ?Le communiste Jean-Paul Lecocqà franceinfo

Alexis Deck, lui, sera dans le public ce dimanche au conseil municipal. Battu dès le premier tour, l’ancien candidat écologiste ne serait pas étonné qu’Edouard Philippe se serve à nouveau du Havre comme d’un tremplin : "Il l’a déjà fait, et puis il l’a plutôt bien fait ! Il s’est servi du Havre pour se propulser. Maintenant qu’il mette ses capacités, son énergie, au service du Havre, mais dans la bonne direction, à savoir celle qui mène vers la transition énergétique."   

Mais l’ancien locataire de Matignon a beau être attendu au tournant par ses rivaux, c’est en position de force qu’il revient dans sa ville. Une stature d’homme d’Etat, une cote de popularité au plus haut… et une très confortable majorité au conseil municipal.

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