Municipales : la guerre du Front de gauche se prépare à Paris

Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, et le coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, le 16 juin 2013 à Montreuil (Seine-Saint-Denis).
Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, et le coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, le 16 juin 2013 à Montreuil (Seine-Saint-Denis). (MAXPPP)

Alors que le PCF parisien a décidé de rejoindre la liste PS d'Anne Hidalgo, le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon estime que l'avenir de leur alliance au sein du Front de gauche est "en cause".

Paris pourrait être la pomme de discorde du Front de gauche. Le Parti de gauche a averti jeudi 10 octobre le PCF, son principal partenaire politique pour les municipales de 2014, que l'avenir de cette alliance était "en cause" si les communistes persistaient dans leur volonté d'union au premier tour avec le PS à Paris. La veille, le conseil départemental du PCF de Paris s'est prononcé, à 67%, pour des listes municipales d'union avec les socialistes et leur candidate Anne Hidalgo.

Même si rien n'est encore décidé, puisque ce sont les militants qui trancheront les 17, 18 et 19 octobre, "le Parti de gauche regrette ce vote" des dirigeants. "Réduire le vote parisien a un évènement local est une régression politique. (...) Il est évident que le PS compte sur cette manœuvre politique pour parvenir enfin à diviser le Front de gauche et affaiblir sa lisibilité nationale en le faisant disparaître à Paris", estime le parti créé en novembre 2008 par l'ancien socialiste Jean-Luc Mélenchon. "Rendre le Front de gauche invisible à Paris est une volte-face incompréhensible. (...) Les femmes et les hommes du Parti de gauche ne sont pas des partenaires qu'on prend ou qu'on rejette au gré de besoins tactiques", met en garde le PG. "Solennellement, nous prévenons : l'avenir du Front de gauche est en cause."

Pierre Laurent : "A Paris, nous sommes entendus"

Pour le PG, le choix à Paris est d'autant plus chargé de signification que le numéro un communiste, Pierre Laurent, est sénateur de la capitale. Dans une interview au Parisien, le secrétaire national du PCF dit approuver les choix de la direction départementale parisienne en faveur "d'un accord d'union dès le premier tour avec les listes d'Anne Hidalgo". "D'abord parce que nous ne voulons pas du retour de la droite", explique-t-il, mais aussi parce que, "autant au niveau du gouvernement, nous ne trouvons aucune écoute, autant à Paris, nous sommes entendus et respectés depuis deux mandats dans la majorité municipale".

Il assure cependant qu'il "(se) battra de toutes (ses) forces contre l'idée qu'une différence d'appréciation sur les municipales ouvre une crise au Front de gauche". "Nous avons besoin du Front de gauche pour aujourd'hui et pour l'avenir. Alors arrêtons de polémiquer, arrêtons de dramatiser, arrêtons de caricaturer les positions des uns et des autres." Entre un PG qui prône une "autonomie" au premier tour, et des communistes gestionnaires de nombreuses villes avec le PS, le ver des municipales parisiennes semble bien être entré dans le fruit Front de gauche.

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