L'Association des maires de France se dit "satisfaite" de la circulaire de Christophe Castaner

La commune de Cherrueix, en Ille-et-Vilaine, le 28 mai 2012.
La commune de Cherrueix, en Ille-et-Vilaine, le 28 mai 2012. (LEROY FRANCIS / HEMIS.FR)

Le ministre de l'Intérieur indique que les préfets n'attribueront plus de nuance politique aux candidats dans les communes de moins de 9 000 habitants pour les élections municipales de mars.

La circulaire ne fait pas que des malheureux. L'Association des maires de France (AMF) est "satisfaite" de la circulaire envoyée par le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, aux élus, cite Le HuffPost, vendredi 17 janvier. Dans ce courrier adressé le 7 janvier, Christophe Castaner informe que les préfets n'attribueront plus de nuance politique aux candidats dans les communes de moins de 9 000 habitants pour les élections municipales de mars.

Le "nuançage" consiste à attribuer une couleur politique aux candidats ayant déposé une liste "sans étiquette", par exemple "divers droite", "divers gauche", "centriste"... Une pratique contestée par nombre d'élus qui ne se retrouvent pas dans les nuances qui leur sont accolées.

"On est très contents"

Cette technique était jusqu'à présent pratiquée dans les communes de plus de 1 000 habitants. L'Association des maires ruraux de France avait demandé à l'annuler. "Quand on constitue la liste, on ne se demande pas qui est de quel parti, ce n’est pas comme ça que ça se passe au quotidien dans nos régions", témoigne Chantal Gantch, maire de Savignac-de-Lisle, en Gironde, au HuffPost.

Leur demande a finalement été entendue par le ministère, au-delà de leurs requêtes. "Nous avions demandé à ce qu’on s’arrête aux villes de moins de 3 500 habitants. Là, ils sont allés un peu plus loin que ce qu’on demandait, mais on s’en félicite, notamment pour les maires ruraux", a déclaré l’AMF au HuffPost.

On est très contents de voir que cette demande historique de l’AMRF de mettre fin à une pratique ancestrale qui consiste à dire que l’État s’arroge le droit de mettre des étiquettes sur des candidats qui ne l’ont pas demandé cesse.Cédric Szabo, directeur de l'Association des maires ruraux de Franceau "HuffPost"

Toutefois, cette circulaire a provoqué l'ire de l'opposition. "Ce genre de minable manipulation doit être dénoncé ! On ne peut pas rayer de la carte les électeurs de 96% des communes françaises, même pour faire plaisir à Jupiter !!", s'est insurgée Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national, sur Twitter. Cette décision est "extrêmement préoccupante. Elle est là pour camoufler des résultats qui seront, je pense, médiocres, de LREM dans ces élections municipales", a accusé Patrick Kanner, président des sénateurs PS lors de ses vœux à la presse.

Une circulaire pour avantager LREM ?

Selon le politologue Pascal Perrineau, la circulaire Castaner avantagera bien La République en marche dans la présentation des résultats. "Cette France de plus de 9 000 habitants, oui, c’est une France plus macroniste, c’est une France moins lepéniste. Donc là, il y a peut-être la tentation de cacher la faiblesse inévitable de La République en marche aux élections municipales."  

Contacté par France 2, le ministère de l’Intérieur explique que les candidats des petites communes sont moins souvent affiliés à un parti et donc peu utiles à prendre en compte dans les statistiques. 

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