"Je pensais que des jeunes reprendraient le flambeau" : faute de maire élu, ces communes auront des délégués spéciaux

La mairie de Buellas dans l\'Ain (Auvergne-Rhône-Alpes).
La mairie de Buellas dans l'Ain (Auvergne-Rhône-Alpes). (GOOGLE STREET VIEW)

La crise des vocations pour les municipales 2020 a touché quatre communes de plus de 1 000 habitants et 13 de moins de 1 000 habitants. Des délégations spéciales devraient être installées en attendant l'organisation d'un nouveau scrutin.

Après le second tour des municipales, les conseils municipaux s'installent à partir du vendredi 3 juillet pour élire les nouveaux maires. Exception faite de 17 communes. Dans ces municipalités, personne ne s'est présenté aux élections municipales, ni au premier ni au second tour. Elles se retrouvent ainsi sans élus et totalement figées en attendant de nouvelles élections. Et ces communes sans maires soit près de trois fois plus qu'il y a six ans.

Buellas, dans l'Ain, 1 800 habitants, fait partie de ces communes "orphelines". À la fin de son mandat, le maire a souhaité se retirer, après 31 ans passé dans le conseil municipal. Dans son équipe, personne n'a voulu reprendre les rênes, pas même Patrice Revol, son premier adjoint. Lui aussi a siégé 31 ans dans le conseil municipal. "Je pensais que quelques jeunes reprendraient le flambeau. Buellas est à côté de Bourg-en-Bresse, ça devient un peu une cité dortoir et il y a des gens qui n'ont pas l'âme buellassienne, c'est à dire défendre son village."

Cette crise des vocations touche quatre communes de plus de 1 000 habitants (Buellas, Péron et Pont-d'Ain, dans l'Ain, et Prunay-le-Gillon, en Eure-et-Loire) et 13 communes de moins de 1 000 habitants, comme Courties (Gers), Allichamps (Haute-Marne), Saint-Ythaire (Saône-et-Loire) ou encore Miquelon-Langlade, à Saint-Pierre-et-Miquelon, alors qu'aux élections municipales de 2014, seules six communes avaient été confrontées à pareille situation, dont seulement une de plus de 1 000 habitants.

Ultime solution : la fusion

En l'absence de maire, la préfecture installe une délégation spéciale pour chacune de ces communes. Elles sont composées de trois personnes, le plus souvent des retraités de la fonction publique, d'anciens élus, tous volontaires. Ils sont nommés pour trois mois renouvelables. "Il faut traiter tous les petits problèmes qui peuvent se poser dans une commune, explique Daniel Pobel, président de la délégation spéciale à Buellas et ancien fonctionnaire. On n'est pas en capacité, par exemple, d'engager des dépenses. En cas de mariage, le président de la délégation ou son vice-président sont amenés à jouer le rôle d'officier d'état civil." Ces délégations spéciales sont chargées aussi des listes pour de futures élections municipales. Dans la plupart des cas, des candidats sont en train de se manifester

Quand aucun candidat ne se manifeste, la commune fusionne avec l'une de ses voisines. C'est sûrement ce qui va se passer en Côte d'Or, à Orret, 17 habitants. Seuls trois personnes ont fini le mandat, les habitants sont très inquiets, ils ont peur d'être les derniers servis dans leur nouvelle collectivité. Pour en savoir plus, les anciens élus de la commune doivent rencontrer les représentants de l'État vendredi 3 juillet, les habitants d'Orret devraient donc vite connaître leur avenir.

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