Lyon : LREM retire leurs investitures à Gérard Collomb, pour la métropole, et Yann Cucherat, pour la mairie, après leur alliance avec LR

Le maire sortant de Lyon, Gérard Collomb, lors d\'une conférence de presse, le 28 mai 2020. 
Le maire sortant de Lyon, Gérard Collomb, lors d'une conférence de presse, le 28 mai 2020.  (JEFF PACHOUD / AFP)

Jeudi, Gérard Collomb avait annoncé une alliance avec la droite, qui le voit s'effacer derrière le candidat LR François-Noël Buffet pour la très stratégique présidence de la métropole.

Le maire sortant de Lyon, Gérard Collomb et son poulain, Yann Cucherat, ne sont plus soutenus par La République en marche. Vendredi 29 mai, LREM leur a retiré leur investiture pour le second tour des municipales, au lendemain de l'accord de l'ex-ministre avec la droite locale, a indiqué le mouvement présidentiel dans un communiqué. "La commission nationale d'investiture dénonce la décision de Gérard Collomb et de Yann Cucherat de s'allier avec Laurent Wauquiez, Etienne Blanc et François-Noël Buffet", souligne LREM, qui prévient qu'une décision similaire s'appliquera à "l'ensemble des candidats dans les arrondissements lyonnais et les circonscriptions de la métropole qui décideraient de s'engager à leur tour dans ce schéma d'alliance".

Jeudi, Gérard Collomb a annoncé à la surprise générale qu'il renonçait à la présidence de la métropole au profit du candidat Les Républicains François-Noël Buffet. En partie pour faire barrage aux écologistes, qui ont survolé le premier tour des élections municipales.

Une "ligne rouge" pour LREM 

De Paris à Lyon, les anciens partenaires politiques de Gérard Collomb n'ont pas de mots assez durs pour dénoncer cette alliance avec la droite pour le deuxième tour des municipales. Dès jeudi, le patron de La République en marche, Stanislas Guerini, avait estimé que Gérard Collomb avait "franchi une ligne rouge" en renonçant à briguer la présidence de la métropole de Lyon au profit de François-Noël Buffet (LR), en échange du retrait du candidat de droite à la mairie Etienne Blanc, au profit de Yann Cucherat. 

A Lyon aussi la rancœur prévaut, face aux choix d'un homme qui a dirigé pendant près de vingt ans la ville, longtemps sous les couleurs socialistes avant de se rapprocher d'En marche. Jean-Louis Touraine, député LREM du Rhône, qui fut son premier adjoint pendant près de quinze ans, parle d'un "effondrement de (ses) valeurs". "Il passe par dessus bord toutes ses belles convictions dans l'espoir de conserver un petit pouvoir et propose de se lier avec une droite qui inclut dans ses rangs des anciens lieutenants de Charles Millon et des adeptes de Sens Commun", soupire-t-il, cité par l'AFP. Georges Képénékian, à qui Gérard Collomb avait laissé les clés de la ville à son départ pour le gouvernement, estime lui que "c'est la pire image qu'un homme politique puisse donner, et qui donne raison à celles et ceux qui dénigrent la classe politique".

Le camp Collomb a d'ailleurs enregistré une première défection vendredi avec Julien Ranc, tête de liste dans la circonscription Ouest. Ce dernier a annoncé avec sept co-listiers reprendre sa "totale indépendance" après la "manœuvre dépassée" du maire de Lyon, évoquant déjà des prises de contact avec le marcheur dissident David Kimelfeld.

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