Les populismes en Europe (4/9) : en Suède, Jimmie Åkesson, le gendre idéal ?

Jimmie Åkesson, à Stockolm, le 16 janvier 2019.
Jimmie Åkesson, à Stockolm, le 16 janvier 2019. (JESSICA GOW / TT NEWS AGENCY)

À deux mois des élections européennes, franceinfo tente de comprendre la montée des populismes en Europe. En Suède, le parti des Démocrates de Suède s'est renforcé depuis une quinzaine d'années.

Comme dans d'autres pays européens, la Suède a, elle aussi, vu émerger une force politique d’extrême droite, au discours populiste : les Démocrates de Suède. C’est le nom du parti qui existe depuis une trentaine d’années, mais c’est sous l’influence de son actuel dirigeant, Jimmie Åkesson, que le parti a pris son envol.

Populisme Suède
Populisme Suède (JONATHAN NACKSTRAND / AFP)

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Il porte des petites lunettes, une barbe de trois jours bien taillée et les cheveux impeccablement plaqués en arrière. A 39 ans, Jimmie Åkesson a le physique d'un homme de son âge, mais une carrière politique déjà longue. Dès l'adolescence, il s'engage d’abord chez "Les modérés", un parti conservateur libéral, mais il n'est pas d'accord avec l'adhésion à l'Union européenne, il rejoint alors Sverigedemokraterna, les Démocrates de Suède, où il gravit rapidement les échelons jusqu'à prendre la tête du parti en 2005, à seulement 26 ans. À l'époque, personne ne mise sur lui.

Depuis, il a pris de l'envergure, son parti aussi : entrés au Parlement en 2010, les Démocrates de Suède dépassent les 17% aux dernières législatives de 2018, talonnant la deuxième force politique du pays. Ils pourraient atteindre les 19% aux prochaines élections européennes.

Une ligne clairement anti-immigration

La Suède a ouvert grand ses portes aux réfugiés : 250 000 personnes ont été accueillies entre 2014 et 2015, pour une population suédoise de moins de 10 millions d'habitants. Les Démocrates de Suède ont surfé sur les inquiétudes, assimilant immigration et criminalité. Jimmie Åkesson a notamment déclaré que les musulmans étaient la "plus grande menace étrangère depuis la Seconde Guerre mondiale".

Dans le même temps, le parti s'est efforcé de normaliser son image. C'est la fameuse dédiabolisation : le chef du parti a fait le ménage dans un mouvement qui a ses racines chez les suprématistes blancs, écartant les groupuscules racistes et violents.

Par ailleurs, la personnalité de Jimmie Åkesson plaît aussi : il incarne "Monsieur Tout-le-monde", avec ses passions pour les frites en garniture de sa pizza. On a même appris qu'il avait le démon du jeu en ligne. Enfin, c'est un orateur de plus en plus habile, il fait mouche dans les débats politiques, une caractéristique très utile à mesure que les échéances électorales approchent.

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