La candidate PS investie face à Gaspard Gantzer : "Le parachutage n'est pas ce qui se fait de mieux en politique"

Gaspard Gantzer, ex-conseiller en communication de François Hollande, le 24 avril 2017. 
Gaspard Gantzer, ex-conseiller en communication de François Hollande, le 24 avril 2017.  (JOEL SAGET / AFP)

La candidate socialiste dans la deuxième circonscription d'Ille-et-Vilaine fera face au conseiller en communication de François Hollande, Gaspard Gantzer, investi par La République en marche. Interrogée par franceinfo, elle dénonce "un parachutage politique". 

C'est l'une des surprises des investitures aux législatives de La République en marche dévoilées jeudi 11 mai. Gaspard Gantzer, conseiller en communication de François Hollande, sera candidat du mouvement d'Emmanuel Macron dans la deuxième circonscription d'Ille-et-Vilaine. Bien connu du grand public, notamment depuis le documentaire d'Yves Jeuland sur le président de la République, il fera face à Gaëlle Andro, candidate socialiste dans cette circonscription, et vice-présidente de Rennes Métropole.

>> Six choses à retenir sur les candidats investis par La République en marche

Contactée par franceinfo, cette dernière, qui n'était pas au courant, dénonce "un parachutage politique". 

Franceinfo. Etiez-vous au courant de l'investiture par La République en marche de Gaspard Gantzer face à vous ? 

Gaëlle Andro. Pas du tout. Je suis extrêmement surprise. Je ne m'y attendais pas. Ce n'est pas ce qui était annoncé dans cette circonscription qui, j'imagine, était assez prisée au regard des résultats d'Emmanuel Macron à la présidentielle. Je n'imaginais pas que l'on puisse avoir un parachutage. Un parachutage n'est pas ce qu'on fait de mieux en politique. Et puis, c'est un drôle de candidat de la société civile. Gaspard Gantzer est quand même un professionnel de la politique. Ce n'est pas un professionnel des mandats électifs, c'est peut-être pour ça qu'il imagine qu'il pourra être élu comme ça, mais je le classe bien parmi les professionnels de la politique. 

Etes-vous inquiète pour votre campagne ? 

Oh non, pas du tout. Je pense que c'est un parachutage de la sphère médiatico-politico-parisienne. Il vient en province par opportunisme, ce n'est pas ce que recherchent aujourd'hui les électeurs. Il y a quand même une dimension de mépris pour les prétendants locaux d'En marche !, on sait qu'il y avait beaucoup de candidatures. Il y avait un maire de la circonscription, une candidate qui s'est beaucoup donnée sur le terrain. Je pense que ça peut être aussi un choc de leur côté. 

Qu'est-ce que vous pensez du fait que vous, candidate socialiste, vous vous retrouviez face à un homme qui a été conseiller de François Hollande pendant cinq ans ?

Ce sera à lui de nous en parler. Je n'ai pas à m'exprimer là-dessus, ce sera à lui d'exprimer son positionnement, à trouver sa justification. Sur le terrain, les élus locaux ont été très engagés pendant ce quinquennat. Du coup, c'est vrai qu'il y a un petit côté étrange, mais c'est à lui de nous expliquer sa démarche. 

Comment voyez-vous cette campagne ? 

Moi, je ne vais pas changer quoi que ce soit de la campagne. Je vais dérouler ce qui était prévu. Pour moi, elle est commencée déjà depuis des semaines et je ne vais rien bousculer avec cette nouvelle. Je l'apprends aujourd'hui et ça ne va pas modifier quoi que ce soit aux dynamiques qui étaient inscrites sur le territoire.