Il "braque" Hollande sur Facebook : le candidat FN plaide "l'humour"

Un montage publié par Damien Hameau-Brielles sur sa page Facebook, le 20 juillet 2012, et retrouvé par un site de veille sur l\'extrême droite.
Un montage publié par Damien Hameau-Brielles sur sa page Facebook, le 20 juillet 2012, et retrouvé par un site de veille sur l'extrême droite. (L'ENTENTE)

Damien Hameau-Brielles a vu resurgir sur Facebook d'anciens photomontages publiés sur Facebook dans lesquels il fait semblant de tirer une balle dans la tête d'une marionnette à l'effigie de François Hollande. Contacté par francetv info, le candidat FN assume.

Il assure qu'il ne s'agit pas d'un dérapage, mais d'une blague potache. Candidat du Front national aux élections départementales dans le canton de Bonchamp-lès-Laval (Mayenne), Damien Hameau-Brielles a vu d'anciennes photos publiées sur Facebook resurgir dans les médias, dimanche 15 mars : des photomontages, sur lesquels il pose avec les marionnettes de François Hollande et de Nicolas Sarkozy.

Il y menace le premier d'un pistolet. "Une arme airsoft que l'on utilise au paintball. Je ne suis pas un dangereux personnage", assure-t-il aujourd'hui. Il y brandit également un godemiché dans le dos du second. Interrogé par francetv info, le candidat s'étonne encore du scandale suscité par ces publications.

"Il n'est pas question de haine"

"Ces photomontages ont été faits il y a plus de quatre ans. Ils avaient été supprimés de mon compte, et ils ressortent à une semaine des élections", réagit Damien Hameau-Brielles. "C'est clair qu'il y a une intention derrière", souffle-t-il. Réalisés en 2011 "alors qu'Hollande n'était pas président", rappelle-t-il, les clichés ont été publiés sur Facebook plus tard, en août 2012. Ce que montre d'ailleurs la date visible sur les captures d'écran de ces montages réalisées par L'Entente. Ce site, qui a entrepris d'observer l'activité publique sur les réseaux sociaux des candidats titulaires du FN aux départementales, les a publiées vendredi dans un article.

"C'était un délire avec une application qui permet de faire des photomontages", explique le candidat frontiste. "J'en ai fait sept, dont les deux photos qui sont ressorties, avec François Hollande et Nicolas Sarkozy. C'est de l'humour, cela se voit sur mon visage : je suis mort de rire, il n'est pas question de haine. Je suis allé travailler ce matin, et personne n'était indigné. Il y a plus de 200 ouvriers dans mon entreprise, et la plupart ont trouvé ça drôle. Le photomontage avec Nicolas Sarkozy a eu particulièrement du succès, se réjouit-il. C'est vrai, on peut dire que la photo avec François Hollande est la plus méchante du lot, d'accord, mais cela reste un montage avec une marionnette."

Qu'on me dise que c'est de mauvais goût, à la limite, je peux comprendre, mais pas plus.Damien Hameau-Brielles, candidat FN aux élections départementalesfrancetv info

"Il me semble qu'on s'est battu récemment pour la liberté d'expression après les attentats de 'Charlie Hebdo'. Or, certains dessins publiés dans 'Charlie' sont plus provocateurs que mes quelques photos, estime-t-il. Et d'ironiser : "Je pensais que la liberté d'expression, c'était pour tout le monde, mais si cela ne s'applique pas aux candidats du FN, il faut nous le dire", poursuit-il, accusant L'Entented'avoir ressorti ces photomontages "pour nous casser du sucre sur le dos", à l'approche des départementales.

Une photo "pas anodine"

Le site internet, de son côté, se défend d'un quelconque calcul. Contacté par francetv info, son responsable assure que les photomontages avaient été repérés aux alentours du mois de septembre. "Puisque nous n'avons pas encore traité du rapport du Front national à François Hollande, ou d'un sujet proche, nous n'avions pas de raison particulière d'en parler avant les élections, répond-il. Qu'un candidat régulier du Front national [Damien Hameau-Brielles s'était déjà présenté à des élections en 2010 sous l'étiquette lepéniste] se prenne ainsi en photo ne me semble pas anodin. S'il était candidat d'un autre parti, cela ferait scandale."

"Le photomontage présente finalement moins d'intêret que les propos tenus par le candidat relevés ces derniers mois", poursuit le responsable de L'Entente. L'article publié vendredi s'accompagne ainsi de captures d'écran de statuts anciens visant notamment les Noirs ou les homosexuels. En 2012, Damien Hameau-Brielles écrivait par exemple : "La communautée GAY étant majoritairement propriétaire de M3 E46 le port de plumes dans le cul n’est pas encore obligatoire pour la conduite de ce véhicule." "Encore une fois, je ne vois pas en quoi écrire 'communauté gay' relève de l'homophobie", se défend le candidat, plaidant l'humour : "Une blague, pour chambrer un pote qui vendait une voiture."

"Une fermeté totale" face aux "dérapages" en ligne

"On a le droit de s'amuser, d'avoir une vie", plaide Damien Hameau-Brielles. "J'ai 38 ans, je suis quelqu'un de normal, j'ai des potes, on fait les cons entre nous, voilà...", lance-t-il. Cet ancien militaire assure toutefois "se plier aux consignes" du parti, qui appelle à plus de sobriété sur les réseaux. Il dit par ailleurs avoir été en contact avec les instances du FN, lesquelles n'ont pas envisagé d'éventuelles sanctions : "C'est vraiment rien d'alarmant", relativise-t-il.

Depuis la condamnation en juillet d'Anne-Sophie Leclère, ex-tête de liste FN aux municipales à Rethel (Ardennes) pour avoir comparé sur Facebook la garde des Sceaux, Christiane Taubira, à un singe, le Front national est particulièrement vigilant sur l'activité de ses représentants sur les réseaux sociaux, concède le candidat. Ainsi, Marine Le Pen a rappelé lundi matin sur France Info qu'elle serait d'une "fermeté totale" envers les candidats coupables de dérapages. Sur les réseaux, L'Entente affirme pour sa part en avoir relevé "plus de 500" : de "l'appel à la haine" au simple partage d'un lien provenant d'un site complotiste en passant par les photomontages de Damien Hameau-Brielles. 

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