VIDEO. Élections européennes : "Il faut assumer un rapport de force avec l'Union européenne", affirme Manon Aubry

FRANCEINFO / RADIO FRANCE

La tête de liste La France insoumise pour les élections européennes du 26 mai participait, jeudi 23 mai, à une matinée de débats organisée à la Maison de la radio par franceinfo. Elle propose de "codifier un principe de non-régression".

Manon Aubry, tête de liste La France insoumise pour les élections européennes, propose de mettre en place "un principe de non-régression", c'est-à-dire que "si l'application du droit est un retour en arrière, vous pouvez ne pas l'appliquer". C'est ce que l'ancienne porte-parole de l'ONG Oxfam France a proposé jeudi 23 mai, lors de la matinée de débats organisée par franceinfo à la Maison de la radio avant le scrutin du 26 mai.

franceinfo : Allez-vous vous associer avec d'autres partis pour les élections européennes ?

Manon Aubry : La France insoumise est partie à 7% dans les sondages. Je veux qu'on aille le plus haut possible. On s'est battu avec toutes nos armes. La France insoumise est le seul mouvement politique se présentant à cette élection qui dit qu'on ne fera pas de coalition. On ne fera pas de compromis avec la droite et les libéraux. C'est cette coalition entre les socio-démocrates, le groupe socialiste européen et le groupe de la droite européenne qui ont placé comme président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, qui est le VRP des paradis fiscaux. Nous n'irons pas avec eux. Il faut assumer un rapport de forces avec l'Union européenne.

La France insoumise appelle à la désobéissance sur les traités européens. Qu'est-ce que ça signifie ?

On propose de codifier un principe de non-régression. Cela signifie que, si l'application du droit est un retour en arrière, vous pouvez ne pas l'appliquer. Nous assumons de placer l'ambition écologique au-dessus des autres ambitions.

L'Europe peut-elle accueillir tous les réfugiés ?

Aujourd'hui, il n'y a pas de submersion migratoire. La population migrante représente 0,2% de la population européenne. Ce n'est rien, c'est ridicule. Si on suit la logique du péril, qu'est-ce que vous allez faire de ces hommes ? On a un devoir d'humanité vis-à-vis de ces gens, qui fuient les guerres, le réchauffement climatique, les injustices. Que pouvons-nous faire d'autre que de les accueillir ? Je me refuse de laisser crever en Méditerranée des gens qui fuient la souffrance.

Que feront les députés La France insoumise de leurs salaires ?

Nous allons en reverser une partie au mouvement de La France insoumise, comme le font tous les élus, pour faire vivre le mouvement politique. À titre personnel, je vais aussi reverser une partie de mon salaire au mouvement associatif dont je suis issue car je sais à quel point les associations jouent un rôle important de contre-pouvoir citoyen dans des institutions européennes parasitées par les lobbys. C'est une belle manière de rendre hommage au travail qui est le leur.

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