Européennes : vers une fermeture tardive des bureaux de vote en France ?

Des électeurs votent lors des élections municipales, le 30 mars 2014 à Lille (Nord-Pas-de-Calais).
Des électeurs votent lors des élections municipales, le 30 mars 2014 à Lille (Nord-Pas-de-Calais). (THIERRY THOREL / CITIZENSIDE / AFP)

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, incite les préfets à prolonger les horaires d'ouverture des bureaux pour inciter les Français à voter. 

Le gouvernement craint une mobilisation clairsemée lors des prochaines élections européennes, le 25 mai. Alors que les dernières projections prévoient une abstention record, à 60%, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, souhaite donc permettre aux électeurs de voter le plus tard possible.

Dans une lettre adressée le 5 mai aux préfets, et que Le Parisien s'est procuré, le ministre demande de "prolonger la durée du scrutin au-delà de 18 heures", "dans toute la mesure du possible". Il recommande ainsi d'étendre les horaires d'ouverture des bureaux de vote jusqu'à 20 heures "au plus tard", comme c'est le cas dans les grandes villes, comme Paris ou Marseille. Les bureaux pourraient donc ouvrir jusqu'à 19 ou 20 heures.

"Un instrument essentiel" pour inciter au vote

Les petites et moyennes communes devraient être les premières concernées, puisque les électeurs y ont deux heures de moins pour se rendre dans les urnes. Les villes où l'extension "était déjà en vigueur lors des dernières élections municipales" sont par ailleurs appelées à réitérer le scénario. 

Bernard Cazeneuve requiert aussi d'appliquer l'extension des horaires d'ouverture "à toutes les communes où elle apparaît justifiée au regard du nombre élevé d'inscrits par bureau de vote et de toute circonstance locale qui pourrait conduire les électeurs à se déplacer tardivement le jour du scrutin".

Dans les faits, la loi permet aux préfets d'avancer ou reculer l'heure de fermeture des bureaux. Bernard Cazeneuve, qui rappelle au début de sa lettre les chiffres de l'abstention lors des européennes de 2004 et 2009, souhaite ainsi encourager cette décision. Selon lui, ce rôle "constitue un instrument essentiel de renforcement de la participation des électeurs". Mais toute décision devra être précédée "d'une concertation avec la municipalité concernée".

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