Européennes : plus d'un électeur sur trois a voté "avant tout pour manifester son opposition" à l'exécutif, selon un sondage

Un bulletin de vote daté du 26 mai 2019, date des élections européennes (illustration). 
Un bulletin de vote daté du 26 mai 2019, date des élections européennes (illustration).  (NOEMIE BONNIN / RADIO FRANCE)

La proportion de sondés la plus forte à partager cette volonté de sanctionner l'exécutif se trouve chez les électeurs du Rassemblement national, puis ceux de La France insoumise.

Plus d'un électeur sur trois (36%) en France a voté aux élections européennes dimanche 26 mai 2019 "avant tout pour manifester son opposition au président de la République et au gouvernement", selon le sondage Ipsos-Sopra Steria pour Radio France et France Télévisions publié dimanche.

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Ce sont surtout les électeurs du Rassemblement national (69%) qui expriment cette volonté de sanctionner le chef de l'Etat et le gouvernement, puis ceux de La France insoumise (63%) et du Parti communiste (61%). À l'inverse, 16% des sondés ont voté "avant tout pour manifester leur soutien au président de la République et au gouvernement". Cette volonté est dans tous les partis très faiblement partagé, sauf chez les électeurs de La République en marche où il est fort : 60%.

Plus d\'un électeur français sur trois a voté avant tout pour manifester son opposition à l\'exécutif, selon un sondage Ipsos-Sopra Steria.
Plus d'un électeur français sur trois a voté avant tout pour manifester son opposition à l'exécutif, selon un sondage Ipsos-Sopra Steria. (FRANCEINFO)

La figure d'Emmanuel Macron paraît effectivement cristalliser les opinions : 59% des sondés n'apprécient si sa personnalité, ni son action. La plus forte proportion se trouve chez les électeurs du Parti communiste (94%), puis chez ceux du Rassemblement national (85%), de La France insoumise (83%) et de Debout la France (80%). De manière générale, la politique menée depuis deux ans par Emmanuel Macron a détérioré la situation du pays pour 55% des sondés.

Des enjeux nationaux forts, notamment le pouvoir d'achat

Les enjeux nationaux ont fortement joué dans ces élections européennes : 43% des personnes interrogées ont tenu compte avant tout des propositions des partis sur les questions nationales. Cette proportion monte à 67% chez les électeurs du Rassemblement national, 61% chez ceux de Debout la France.

Ce sondage nous renseigne également sur les sujets qui comptent au moment de glisser son bulletin dans l'urne. Il s'agit d'une répartition relativement équitable : le pouvoir d'achat est cité par 38% des sondés, la protection de l'environnement par 36%, l'immigration par 35% et la place de la France en Europe et dans le monde par 35%. Les électeurs pour lesquels le pouvoir d'achat est le sujet qui compte le plus au moment de voter sont ceux du Rassemblement national (51%). Ce qui n'empêche pas que, parmi les électeurs du Rassemblement national, le sujet qui prédomine au moment de voter est l'immigration (70%).

Les motifs de l'abstention

Cette enquête donne aussi des indications sur le profil des abstentionnistes : 40% d'entre eux ne sont pas allés voter parce qu'ils pensent que ces élections "ne changeront rien à leur vie quotidienne", 32% pour "manifester leur mécontentement à l’égard des responsables politiques en général".

Enfin, le fait que la France appartienne à l'Union européenne est une bonne chose pour 49% des sondés. La plus grosse proportion se trouve chez les électeurs de La République en marche (93%), la plus faible pour le Rassemblement national (19%). En revanche, faire partie de l'UE expose la France davantage aux effets de la mondialisation pour 37% des personnes interrogées.

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