Européennes : on vous présente les "Spitzenkandidaten" qui briguent la présidence de la Commission

Nico Cué, Ska Keller, Jan Zahradil, Margrethe Vestager, Manfred Weber et Frans Timmermans (de gauche à droite), les candidats à la présidence de la Commission européenne.
Nico Cué, Ska Keller, Jan Zahradil, Margrethe Vestager, Manfred Weber et Frans Timmermans (de gauche à droite), les candidats à la présidence de la Commission européenne. (PARLEMENT EUROPEEN)

Deux Allemands, un Belge, un Tchèque, une Danoise et un Néerlandais vont débattre mercredi, espérant succéder à Jean-Claude Juncker à la tête de l'exécutif européen.

Qui pour remplacer Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne ? Si le choix final sera fait après les élections européennes, la course pour ce poste stratégique est déjà bel et bien lancée. Le Parlement européen tient absolument à ce que le prochain président soit l'un des chefs de file des grands partis européens, l'un des Spitzenkandidaten. Six d'entre eux s'affronteront dans l'Hémicycle, mercredi 15 avril, à Bruxelles, lors d'un débat diffusé en direct à partir de 21 heures sur franceinfo. Mais avant de se plonger dans ces discussions, sur des sujets allant de l'emploi au changement climatique, franceinfo vous présente ces candidats à la présidence de la Commission européenne.

Qui sont ces "Spitzenkandidaten" ?

Quatre hommes et deux femmes vont débattre mercredi. L'Allemand Manfred Weber représente le Parti populaire européen (droite), dont Les Républicains font partie. Le Néerlandais Frans Timmermans est le chef de file du Parti socialiste européen (gauche), le Tchèque Jan Zahradil des Conservateurs et réformistes européens (eurosceptiques) et la Danoise Margrethe Vestager de l'Alliance des démocrates et libéraux (centristes). L'Allemande Ska Keller fait campagne pour le Parti vert européen et le Belge Nico Cué pour le Parti de la gauche européenne (gauche radicale).

Tous espèrent remplacer Jean-Claude Juncker, qui était le candidat du PPE en 2014. Pendant environ une heure et demie, ces six candidats vont s'affronter sur différents sujets. Dans un premier temps, ils aborderont la montée des populismes, le futur de l'Union européenne après le Brexit, la justice fiscale et l'immigration. Ensuite, ils échangeront à propos des solutions à apporter face au changement climatique. Enfin, ils exposeront leur vision des valeurs de l'UE, notamment sur les droits de l'homme. Cinq candidats parleront en anglais, mais le Belge Nico Cué s'exprimera en français – l'intégralité de l'émission sera traduite.

C'est nouveau ce processus de nomination ?

Le principe des Spitzenkandidaten, qui veut que le président de la Commission soit le chef de file de l'un des grands partis européens, est un processus de nomination qui a été proposé par des eurodéputés en 2014. Il se base sur un article du traité de Lisbonne, qui oblige le Conseil européen à "tenir compte des résultats des élections" dans son choix pour la présidence de la Commission européenne.

Cinq ans plus tard, les partis européens espèrent bien réitérer leur tour de force, qui a permis de placer Jean-Claude Juncker à la tête de l'exécutif européen. Ils comptent également dessus pour mobiliser les électeurs pour les européennes : les citoyens européens ne sont pas seulement appelés à voter pour leurs eurodéputés, mais aussi pour choisir le chef de l'exécutif européen. 

"C'est une question de démocratie et de transparence. Alors qu'on reproche à l'Europe d'être trop technocratique, le principe des 'Spitzenkandidaten' permet aux citoyens de désigner le futur chef de l'exécutif européen à l'issue d'une campagne transparente et ouverte", fait ainsi valoir l'entourage de Manfred Weber, comme le rapporte L'Opinion.

Qui désigne le président de la Commission ?

En réalité, le choix du candidat à la présidence de la Commission ne relève pas du Parlement européen, mais du Conseil européen, c'est-à-dire des dirigeants des Etats membres. Or, les Vingt-Huit refusent de promettre qu'ils désigneront l'un des Spitzenkandidaten. Et de fait, le traité de Lisbonne ne les y engage pas explicitement.

Les dirigeants européens se réuniront le 28 mai pour tirer les premières conclusions des résultats du scrutin au niveau européen. Donald Tusk, le président du Conseil européen, mènera ensuite des consultations avec le Parlement. Il reviendra à celui-ci de valider ou de rejeter le candidat présenté par le Conseil européen. En cas de rejet, ce dernier devra proposer un nouveau nom.

Pourquoi les pays de l'UE sont-ils réticents ?

Peu de dirigeants européens ont pris position en faveur des Spitzenkandidaten. Angela Merkel s'inquiète d'un processus de désignation qui empêcherait de nommer à la tête de l'exécutif européen un chef de gouvernement, comme l'explique Le Monde. Elle a cependant soutenu du bout des lèvres, en février dernier, un processus qui "reste complexe, mais [qui] donne plus de visibilité [aux élections]". "Je soutiens Manfred Weber", a-t-elle également concédé, tout en assurant qu'"on verra ce qui se passera".

Emmanuel Macron est, lui, fermement opposé aux Spizenkandidaten. "Je ne me sens pas engagé par le processus que certains partis ont décidé pour eux-mêmes", a ainsi affirmé le chef de l'Etat français, récusant "la légitimité démocratique" des chefs des partis européens. Et pour cause, les élus de La République en marche ne vont pas siéger dans l'un des deux principaux groupes au Parlement européen. Le président n'a donc aucun intérêt à défendre ce principe de nomination.

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