Elections européennes : "Nous allons modifier l’équilibre politique du Parlement européen", affirme Pascal Canfin

Pascal Canfin, numéro 2 de la liste \"Renaissance\", lors d\'un meeting à Aubervilliers, le 30 mars 2019.
Pascal Canfin, numéro 2 de la liste "Renaissance", lors d'un meeting à Aubervilliers, le 30 mars 2019. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Le numéro 2 de la liste de La République en marche estime que "l'on ne peut pas parler de défaite" alors que "Renaissance" est arrivée en 2e position, dimanche.

"Nous nous étions fixé un objectif, celui de gagner. Je suis donc déçu de ne pas l'avoir atteint", a reconnu Pascal Canfin, lundi 27 mai sur franceinfo, après l'arrivée de la liste La République en marche en deuxième position lors des élections européennes. La liste "Renaissance" a totalisé 22,41% des voix, derrière le Rassemblement national à 23,31%. "Il n’y a même pas un point d’écart entre le premier et le deuxième, ce qui veut dire que l’on ne peut évidemment pas parler de défaite", a cependant assuré celui qui était en 2e position sur la liste de la majorité.

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L'ancien directeur général du WWF France estime que "beaucoup se contenteraient" du score réalisé par la liste du parti présidentiel, qu'il qualifie de "très honorable". Et de citer notamment les revers subis par Les Républicains et PS-Place publique : "Les deux grands partis de gouvernement historiques font 15% quand on additionne leurs scores. C’est ça le tremblement de terre." Il analyse donc le pourcentage de voix de LREM de manière positive : "Cela veut dire que le socle de la majorité présidentielle est solide, après deux ans de gouvernement, après une séquence très difficile autour des 'gilets jaunes'."

Au-delà des scores nationaux, Pascal Canfin a souhaité focaliser son attention sur "les équilibres européens". Il y voit un bon point pour LREM : "Il n’y a que deux groupes qui progressent fortement : le groupe que nous allons former - qui sera donc au cœur de toute coalition majoritaire demain - et le groupe des écologistes. Ça veut dire que, dans les deux cas, nous allons modifier l’équilibre politique du Parlement européen, ce qui est évidemment une bonne nouvelle."

Un nouvel équilibre autour de l'écologie

Pascal Canfin a également salué la percée des écologistes en Europe. "L’écologie a progressé partout, de deux manières : d’une part avec le vote pour des listes vertes (en Allemagne, en Belgique, en France…) et, d’autre part, des partis de gouvernement se sont verdis." Cela concerne notamment, d'après lui, les socialistes espagnols et les marcheurs français. "C'est l’addition de ces deux forces, ces deux énergies qui fera que l’on va pouvoir bouger la majorité au Parlement européen", a-t-il assuré.

"Il faut se dire qu’il y a un énorme défi devant nous, qui est de transformer la société pour la rendre compatible avec la lutte contre le dérèglement climatique", a-t-il expliqué. D'après lui, face à cet enjeu, seules les alliances peuvent fonctionner. "Les Verts représenteront 9% au Parlement européen. Est-ce que ce seul parti qui fait 9% des voix va y arriver ? Non." Pascal Canfin propose donc "d'agréger ces énergies" avec le groupe européen que compte fonder LREM, une "sorte de faiseur de rois demain puisqu'aucune majorité politique au Parlement européen demain n'est possible sans nous".

"Au sein de ce groupe, nous serons de très loin la première délégation, donc ça nous donne un bras de levier considérable", a-t-il affirmé, expliquant que cela pourrait notamment permettre à LREM de dire que le candidat de la droite conservatrice européenne, Manfred Weber, "n'est plus qualifié pour diriger la Commission européenne". "Le barycentre politique du Parlement européen est différent grâce au succès des écologistes et grâce au nôtre, ce qui va agréger des énergies positives pro-européennes pour la planète."

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