Résultats européennes 2019 : le parti conservateur ÖVP arrive en tête en Autriche, les sociaux-démocrates en deuxième position

Le chancelier conservateur Sebastian Kurz, à Vienne (Autriche), le 22 mai 2019.
Le chancelier conservateur Sebastian Kurz, à Vienne (Autriche), le 22 mai 2019. (HANS KLAUS TECHT / APA / AFP)

L'ÖVP obtient 34,90% des voix et 7 sièges au Parlement européen, juste devant le SPÖ, qui en obtient 5, selon les résultats officiels communiqués par le Parlement européen.  

Avec 34,90% des voix, l'Österreichische Volkspartei (ÖVP) reste la première force politique en tête en Autriche, à l'issue des élections européennes du dimanche 26 mai. Le parti conservateur du chancelier Sebastian Kurz est suivi par les sociaux-démocrates du SPÖ, qui comptabilisent 23,40des voix, selon les résultats officiels communiqués par le Parlement européen.

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Les élections européennes font office de date butoir pour la vie politique autrichienne, ternie par l'"Ibizagate", un scandale révélé le 17 mai, impliquant des personnalités politiques majeures en Autriche. Dans une vidéo tournée en juillet 2017 à Ibiza, on voit Heinz-Christian Strache, le vice-chancelier et leader du FPÖ, le parti d'extrême droite membre de la coalition au pouvoir, prêt à se compromettre avec un intermédiaire russe, en échange de financements. 

A une semaine du scrutin, Heinz-Christian Strache a démissionné et le chancelier conservateur Sebastian Kurz (membre du Parti populaire autrichien, ÖVP) a décidé de limoger le ministre de l'intérieur Herbert Kickl, membre du FPÖ. Cette décision a entraîné la démission de trois autres ministres d'extrême droite. Le chancelier les a remplacés mercredi par des personnalités au profil "technique". Il a annoncé dans la foulée des élections législatives anticipées, qui devraient se tenir en septembre.

Heinz-Christian Strache a aussi démissionné de la tête du FPÖ samedi 18 mai. Il a été remplacé par Norbert Hofer, partisan d'un référendum sur la sortie de l'Autriche de l'Europe. 

Quels étaient les enjeux du scrutin ? 

La coalition ÖVP-FPÖ au pouvoir est en train de vaciller. Le risque que le scandale entache l'élection planait au-dessus du scrutin européen. "C'est un véritable tremblement de terre politique, estime l'historien Jérôme Segal, maître de conférences à l'université Paris-Sorbonne, pour franceinfo. Il faut dire que cette vidéo qui sort une semaine avant le vote, c'est du jamais-vu dans la vie politique autrichienne." Le politologue allemand Werner Patzelt prédit aussi des conséquences néfastes pour le parti d'extrême droite allemand, Alternative pour l'Allemagne (AfD), comme il l'explique dans le Tagesspiegel. Les sympathisants des partis populistes "vont désormais réfléchir à deux fois s'ils veulent donner leur voix à ces gens", analyse-t-il. 

Le scandale menace aussi l'extrême droite européenne dans son ensemble, réunie samedi 18 mai à Milan par Matteo Salvini. "L'extrême droite autrichienne est la seule à être à ce niveau de responsabilité en Europe. C'est un parti leader du groupe auquel appartient Marine Le Pen", analyse Jérôme Segal. Heinz-Christian Strache est un allié de la cheffe du Rassemblement national en France et de Matteo Salvini en Italie. 

Quels sont les résultats ? 

L'ÖVP obtient 34,90des voix et 7 sièges au Parlement européen. Les sociaux-démocrates du SPÖ arrivent juste derrière avec 23,40des voix et 5 élus. 

Comme l'avaient anticipé les sondagespré-électoraux, le FPÖ essuie un revers politique avec 17,20des voix et 3 sièges, même si rien ne permet de dire pour l'instant si "l'affaire d'Ibiza" a joué dans le vote des électeurs. 

Quelles sont les personnalités politiques élues ? 

Othmar Karas, la tête de liste de l'ÖVP, et député européen depuis 1999, restera au Parlement européen. Pour le SPÖ, le député et ancien secrétaire d'Etat Andreas Schieder siégera dans l'hémicycle. 

Le FPÖ envoie Harald Vilimsky pour un deuxième mandat de député européen. 

Que faut-il retenir de ces élections ? 

Dès lundi, l'Autriche va plonger dans une crise politique dont l'issue est incertaine. La durée de vie du nouveau gouvernement est en effet suspendue au vote d'une motion de censure déposée par le petit parti écologiste Jetzt. Le FPÖ et le Parti social-démocrate, principale formation d'opposition, n'ont pas encore décidé s'ils sanctionneraient Sebastian Kurz et son équipe. Le vote de ces deux formations est nécessaire et suffisant pour recueillir une majorité.

Malgré l'affaiblissement du parti d'extrême droite autrichien, les députés du FPÖ siégeront à Strasbourg aux côtés de l'alliance de Matteo Salvini, qui réunit douze partis d'extrême droite européens. Cette nouvelle alliance peut devenir la troisième force politique à Strasbourg, comme le détaille Le Journal du dimanche. 

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