Elections européennes : après l'échec des Républicains, "il faut renverser la table et repartir de zéro", estime le député LR Eric Diard

Eric Diard, député Les Républicains des Bouches-du-Rhône, lors d\'une séance de questions au gouvernement à l\'Assemblée nationale, le 27 novembre 2018.
Eric Diard, député Les Républicains des Bouches-du-Rhône, lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 27 novembre 2018. (MAXPPP)

Le député LR des Bouches-du-Rhône Eric Diard a estimé lundi sur franceinfo que "c'est une stratégie globale qui a échoué".

La liste des Républicains menée par François-Xavier Bellamy n'est arrivée qu'en quatrième position des élections européennes. Elle totalise 8,48% des voix et aura huit sièges au Parlement européen. "Il faut renverser la table et repartir de zéro", a estimé sur franceinfo lundi 27 mai Éric Diard, député Les Républicains des Bouches-du-Rhône. Il estime que "c'est une stratégie globale qui a échoué" et demande à Laurent Wauquiez, président de LR, de prendre ses responsabilités.

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francienfo : Les bureaux de vote étaient à peine refermés dimanche que vous demandiez la tête de Laurent Wauquiez. Le score des Républicains, est-ce son échec ?

Éric Diard : J’ai demandé, non pas la tête de Laurent Wauquiez, mais qu’il en tire les conséquences. Ce n’est pas un bouc émissaire. Derrière Laurent Wauquiez, il y a une direction et une stratégie qui aboutissent à un échec. Les Républicains, ce n’est pas que la partie conservatrice de la droite. Il ne faut pas la négliger mais ce n’est pas suffisant. On a besoin de la droite et du centre, de la droite qui avait Pasqua, Séguin mais qui touchait les valeurs écologiques, avec des Jean-Louis Borloo, des Nathalie Kosciusko-Morizet. Aujourd’hui, il faut renverser la table, il faut repartir de zéro.

Cela veut-il dire que Laurent Wauquiez doit partir ?

Je ne pense pas que cette stratégie vienne d'un seul homme. C'est une stratégie globale qui a échoué, qui a fait réduire de plus en plus nos voix et notre parti. Aujourd'hui, nous ne sommes plus audibles. Je trouve regrettable que nous ne soyons pas avec l'UDI qui fait 2,5%. Nous sommes divisés, comme la gauche, donc c'est un échec. La droite et le centre doivent se reformer.

Ce que l'on entend beaucoup, notamment chez Laurent Wauquiez, c'est que Les Républicains ont été victimes du duel que le chef de l'État a voulu installer avec Marine Le Pen. Ce discours est-il une forme de déni ?

On pourrait le dire si Les Républicains avaient fait aux alentours de 12 ou 14%. Aujourd'hui, nous en sommes loin, à 8,5%. Nous sommes très près du Parti socialiste avec Raphaël Glucksmann, très loin des 19% de François Fillon [à la présidentielle de 2017]. La stratégie ne va pas, nous n'attirons aucun jeune, nous ne nous penchons pas assez sur l'éducation, nous ne touchons pas l'écologie alors que nous étions à l'origine du Grenelle de l'environnement. Aujourd'hui, malheureusement, chez Les Républicains, l'écologie est un gros mot. Le bien-être animal aussi.

François-Xavier Bellamy comme tête de liste, était-ce une erreur de casting ?

C'est un philosophe, brillant, qui a fait une belle campagne, avec peut-être à la fin deux ou trois fautes. Il ne fallait surtout pas évoquer la douloureuse affaire Vincent Lambert, il fallait surtout se prononcer contre la décision de l'Etat de l'Alabama [qui a adopté une loi anti-IVG]. Il a fait campagne, simplement, avec les conservateurs. La droite, c'est des conservateurs, mais aussi le centre. C'est une droite progressiste. Il faut rassembler.

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